Une confession qui fait parler
On ne s'attendait pas forcément à une telle franchise, mais c'est bien Cameron Smith lui-même qui l'a dit : si LIV Golf ne survit pas à l'année, il serait « 100% » partant pour un retour sur le PGA Tour. Une déclaration directe, sans fioritures, qui en dit long sur l'état d'esprit des joueurs dissidents — même les plus emblématiques d'entre eux.
Ce qu'il faut comprendre, c'est que Smith n'est pas n'importe qui dans cette histoire. Vainqueur de The Open Championship 2022, l'Australien avait quitté le PGA Tour peu après ce sacre pour rejoindre LIV Golf, dans ce qui était à l'époque l'une des défections les plus retentissantes vers le circuit saoudien. Aujourd'hui classé #221 au classement mondial OWGR, on mesure concrètement ce que ce choix lui a coûté en termes de ranking officiel.
LIV d'abord, mais les yeux ouverts
Soyons clairs : Smith ne souhaite pas que LIV disparaisse. Il l'a dit et répété, il croit au projet. Mais il est suffisamment lucide pour envisager l'hypothèse inverse. Et dans ce cas-là, la réponse est limpide — le PGA Tour resterait selon ses propres termes « l'endroit où tout le monde voudrait être ». Difficile d'être plus explicite.
Rappelons que fin 2025 et début 2026, des informations circulaient sur un programme de réintégration mis en place par le PGA Tour, le fameux Returning Member Program. Smith, comme Jon Rahm ou Bryson DeChambeau, avait alors décliné l'offre, affirmant honorer ses engagements envers LIV. L'expression qu'il avait utilisée à l'époque — « I've made my bed », j'ai fait mon lit, j'assume — sonnait comme une porte fermée. Visiblement, cette porte n'est pas complètement verrouillée.
Un signal faible, mais significatif
Ce qui est intéressant ici, c'est moins la déclaration en elle-même que ce qu'elle révèle du climat autour de LIV Golf en ce moment. Quand l'un des piliers du circuit — capitaine de l'équipe Ripper GC, trois victoires LIV à son actif et 6e scoring average de la ligue en 2026 avec 69.6 de moyenne — commence à évoquer publiquement des scénarios de sortie, ça donne à réfléchir.
Est-ce que LIV va s'effondrer ? Personne ne peut l'affirmer aujourd'hui. Mais que Smith choisisse d'en parler ouvertement plutôt que de botter en touche, c'est en soi un signal. Dans le petit monde du golf professionnel, les mots comptent.
Pour les fans français et européens qui suivent Smith depuis ses années glorieuses sur le Tour, cette déclaration ravive forcément une question : reverrons-nous un jour l'Australien défier les meilleurs dans les tournois majeurs avec un ranking compétitif ? À 32 ans, il a encore largement le temps de rebondir. Mais chaque année qui passe sur LIV rend ce chemin un peu plus sinueux.
