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Cameron Young a expliqué l'origine de sa pause caractéristique en haut du backswing. Une mécanique naturelle qui révèle tout sur l'art de la transition.

Cameron Young : les secrets de sa pause au sommet du swing

Cameron Young a expliqué l'origine de sa pause caractéristique en haut du backswing. Une mécanique naturelle qui révèle tout sur l'art de la transition.

Une image qui ne trompe pas

Si vous avez regardé jouer Cameron Young ces dernières années, vous avez forcément remarqué ce moment suspendu, presque irréel, en haut de son backswing. Le club arrive à son point culminant… et il s'arrête. Une fraction de seconde qui semble durer une éternité comparée à la violence du downswing qui suit. Cette pause, devenue sa marque de fabrique, intrigue autant les amateurs que les enseignants. D'où vient-elle ? Est-ce volontaire ? Une compensation ? Un héritage ? Young a récemment accepté de tout expliquer dans l'émission Warming Up avec Dylan Dethier — et la réponse est à la fois simple et fascinante.

Une pause qui ne s'est pas construite sur un putting green

Contrairement à ce qu'on pourrait imaginer, la pause de Cameron Young n'est pas le fruit d'un travail d'ingénierie mécanique avec un coach. Elle est naturelle, presque organique. Young explique qu'elle est apparue progressivement dans son swing, liée à sa façon personnelle de séquencer le mouvement — et qu'elle s'est révélée être une force plutôt qu'un défaut à corriger.

Ce qui se passe techniquement à ce moment-là est passionnant : en marquant cette micro-pause au sommet, Young laisse le temps à sa transition de se construire depuis le bas. Les hanches commencent à s'ouvrir, le poids se transfère vers l'avant, et le club — lui — reste momentanément en retrait. C'est ce qu'on appelle le lag dans sa forme la plus pure. Quand le downswing démarre enfin, l'énergie accumulée se libère en cascade. Le résultat ? Une vitesse de clubhead dévastatrice, une des meilleures du Tour.

Le séquençage, clé de tout

Pour comprendre pourquoi cette pause fonctionne, il faut revenir aux bases de la mécanique du swing. Le timing d'un bon coup de golf repose sur un principe simple à énoncer, difficile à exécuter : le bas du corps doit initier la descente avant que le haut du corps ait terminé sa montée. C'est ce qu'on appelle le kinematic sequence — la chaîne cinématique. Les meilleurs drivers de la balle du Tour partagent tous ce pattern, même si leurs swings sont visuellement très différents.

La pause de Young rend ce séquençage visible à l'œil nu. Là où d'autres joueurs enchaînent montée et descente dans un mouvement presque continu qui cache la transition, lui exhibe ce moment charnière. C'est presque pédagogique. Sur un launch monitor, ce type de transition se traduit par un angle d'attaque maîtrisé, une face bien carrée à l'impact, et une libération d'énergie optimale. Les chiffres de Young en driving le confirment année après année.

Peut-on l'imiter ? La bonne et la mauvaise question

Dès que cette vidéo a circulé, la question a évidemment fusé dans les forums et sur les réseaux : et si j'essayais la pause de Cameron Young ? C'est humain. On voit quelque chose qui marche, on veut l'intégrer à son propre jeu. Mais attention — et c'est là où je veux être direct avec vous — copier une caractéristique visuelle d'un swing sans en comprendre la fonction, c'est aller droit vers la blessure ou la régression.

La pause de Young n'est pas un drill. C'est la conséquence d'un swing dont la mécanique profonde est parfaitement rodée. Si vous faites une pause en haut de votre backswing sans avoir ce séquençage de transition maîtrisé, vous risquez simplement de perdre toute la tension musculaire accumulée, de déconnecter les bras du corps, et de frapper un coup catastrophique. Ce que vous pouvez retenir, en revanche, c'est l'idée derrière : ralentir mentalement la transition pour mieux sentir que le bas du corps initie la descente. Un drill comme celui du pause-at-the-top utilisé dans un contexte pédagogique précis peut avoir du sens — mais c'est à votre pro de juger.

Un joueur qui sait ce qu'il fait

Ce qui frappe dans la démarche de Cameron Young, c'est sa lucidité sur son propre mouvement. Il ne subit pas sa technique — il la comprend, il peut l'expliquer, et visiblement il sait s'en servir. Avec 3 victoires sur le PGA Tour au compteur et 2 titres déjà en 2026, il prouve que cette mécanique singulière n'est pas un accident mais un outil de performance de haut niveau. Seven Top-10 en 2026, des scores qui parlent d'eux-mêmes — il est dans une forme remarquable.

Dans un monde du golf professionnel où tout le monde cherche à optimiser son swing sur launch monitor, à gommer les aspérités et à coller au modèle biomécanique idéal, il est presque rafraîchissant de voir un joueur dont la signature visuelle la plus forte est précisément ce que d'autres auraient peut-être essayé de lui corriger. Cette pause, c'est du Cameron Young pur jus. Et ça marche.

ParRenaud

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