Le magazine américain GOLF a recensé cinq attractions insolites nichées dans les resorts de sa liste Top 100, du labyrinthe de la cathédrale de Chartres répliqué en Oregon aux safaris Big Five d'Afrique du Sud.
Cinq détours qui ne se jouent pas avec un club
Sur la côte sauvage de l'Oregon, à Bandon Dunes, on peut ranger le sac et aller marcher dans un labyrinthe taillé dans la stéatite. Le dessin n'a rien d'un motif décoratif : c'est la réplique du labyrinthe de la cathédrale de Chartres, dont l'original remonte à la fin du XIIe ou au début du XIIIe siècle. Un morceau de patrimoine français posé face au Pacifique, à portée de vue de greens battus par le vent.
Ce labyrinthe est l'une des cinq curiosités relevées par GOLF dans les domaines de son classement Top 100 Resorts. Leur point commun : aucune ne se joue avec un club dans les mains. Elles rappellent que le golf de destination se raconte aussi par ses lieux, comme l'attachement de Rory McIlroy à Holywood le raconte à une autre échelle.
Le cabinet de curiosités de Big Cedar Lodge
À Ridgedale, dans le Missouri, Big Cedar Lodge abrite l'Ancient Ozarks Natural History Museum, bâti autour de la collection personnelle du fondateur du domaine, Johnny Morris. L'inventaire tient du grenier de collectionneur obsessionnel : des pointes de flèches, des fossiles de dinosaures, le gilet de guerre de Sitting Bull, et jusqu'à une mèche de cheveux d'Abraham Lincoln. L'ensemble n'a aucun rapport avec le golf : c'est un musée d'histoire naturelle greffé sur un resort golfique.
Un arbre debout depuis neuf siècles
À Kauri Cliffs, à Matauri Bay, en Nouvelle-Zélande, l'attraction est un arbre. L'Ancient Kauri est debout depuis 700 à 900 ans environ, soit bien avant que le golf ne prenne la forme qu'on lui connaît. Un sentier de forêt native y mène en une dizaine de minutes à pied : c'est le détour le plus facile à glisser entre deux parties.
Des tubes de lave à deux pas du 8
À Pronghorn, près de Bend, toujours en Oregon, il suffit de s'écarter du trou n°8 du parcours Fazio. Un canyon de 45 pieds, soit près de quatorze mètres, ouvre sur un réseau de tubes de lave formés il y a quelque 60 000 ans. Le domaine en a fait une visite guidée au nom sans détour, les Lava Tube Tours.
Le Big Five en lever de rideau
Sun City, en Afrique du Sud, joue la carte la plus spectaculaire du lot. Le complexe est installé aux portes du parc national de Pilanesberg, où vivent lions, léopards, éléphants, rhinocéros et buffles — le fameux Big Five. Les safaris font partie de l'offre du domaine, au même titre que ses parcours : aucune autre adresse de la liste ne met le grand gibier à cette distance du premier départ.
Les chiffres clés
- 5 : attractions insolites retenues par GOLF dans sa liste Top 100 Resorts
- XIIe-XIIIe siècle : datation du labyrinthe de Chartres, dont Bandon Dunes possède une réplique en stéatite
- 700 à 900 ans : âge estimé de l'Ancient Kauri, à Kauri Cliffs
- 60 000 ans : ancienneté des tubes de lave visitables à Pronghorn
- 45 pieds : profondeur du canyon d'accès, près du trou n°8 du parcours Fazio
Pourquoi les resorts s'y mettent
Le calcul n'est pas mystérieux : un domaine qui retient ses clients une journée de plus vend une nuit de plus, et une attraction que le voisin n'a pas devient un argument de réservation. Côté francophone, le modèle est connu, à commencer par l'Evian Resort Golf Club, au bord du Léman : un parcours adossé à une station, et non l'inverse.
Reste que ce haut de gamme cohabite mal avec le reste du paysage. Pendant que les resorts ajoutent des musées et des safaris à leur offre, les parcours publics américains subissent la pression immobilière. Deux golfs, deux économies : l'un vend une expérience, l'autre se bat pour garder ses dix-huit trous.


