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Cinq titres, un Trophée Lancôme, trois parcours : la vie d'un bâtisseur

Gaëtan Mourgue d'Algue, bâtisseur du golf français, est mort à 87 ans

Cinq titres, un Trophée Lancôme, trois parcours : la vie d'un bâtisseur

Gaëtan Mourgue d'Algue, cinq fois champion de France, créateur du Trophée Lancôme et fondateur de plusieurs des plus beaux parcours de l'Hexagone, est mort le lundi 28 septembre près de Bordeaux, à 87 ans.

Le golf français perd son bâtisseur

Il avait commencé par gagner, avant de consacrer soixante ans à faire gagner les autres. Né le 1er juin 1939, Gaëtan Mourgue d'Algue s'est éteint le 28 septembre, entouré de sa famille, près de Bordeaux. Avec lui disparaît l'homme qui a fait entrer le golf français dans la modernité : joueur d'abord, organisateur ensuite, constructeur de parcours et éditeur enfin. Peu de disciplines peuvent se réclamer d'une figure ayant occupé, seule, autant de postes décisifs.

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Un compétiteur avant tout

Avant les bureaux et les plans d'architecte, il y a eu le parcours. Selon Golf Planète, Gaëtan Mourgue d'Algue portait déjà les couleurs de la France en compétition internationale à quinze ans. Il a remporté cinq titres de champion de France Messieurs en individuel et huit par équipes, et disputé le championnat du monde amateur à trois reprises. Un palmarès d'amateur de premier plan, à une époque où le golf tricolore comptait une poignée de clubs et presque aucune structure de haut niveau.

Le Trophée Lancôme, sa grande œuvre

C'est en 1970, avec son associé Dominique Motte, qu'il crée à Saint-Nom-la-Bretèche le Trophée Lancôme. L'épreuve va durer jusqu'en 2003 et devenir, pendant plus de trente ans, le rendez-vous où le golf mondial venait se montrer en France. Arnold Palmer, Gary Player, Severiano Ballesteros : les plus grands ont joué là, et le tournoi a durablement installé l'idée qu'un événement de dimension internationale pouvait vivre sur le sol français. Le sens du spectacle allait avec : Golf Magazine rappelle que Palmer avait frappé des drives depuis le deuxième étage de la Tour Eiffel pour lancer l'épreuve.

Trois parcours, trois références

Organiser ne lui a pas suffi : il a aussi construit. On lui doit la création de plusieurs golfs devenus des références, à commencer par le Golf Club d'Arcangues au Pays basque, le golf d'Orléans-Limère dans le Loiret et le golf de Joyenval à Chambourcy, dans les Yvelines. Plus tard est venu le Grand Saint-Émilionnais Golf Club, confié à l'architecte américain Tom Doak, l'un des noms les plus recherchés de la profession. À chaque fois, la même méthode : aller chercher les meilleurs concepteurs internationaux plutôt que de se contenter de ce qui se faisait alors en France.

L'éditeur qui a mis le golf en rayon

Son troisième métier fut celui de la presse. Il rachète l'historique revue Tennis & Golf pour en faire Golf Européen, dont le premier numéro paraît en février 1971. Puis viennent les guides : le Peugeot Golf Guide en 1995, premier véritable répertoire des parcours européens, et le Rolex Golf Guide en 2010, qui recense les mille meilleurs parcours de la planète. Pour des générations de joueurs, ces volumes ont longtemps été la seule façon de savoir où jouer ailleurs que chez soi.

Une famille entière au golf

Le nom Mourgue d'Algue dépasse largement le seul Gaëtan. Son épouse Cécilia a été l'une des grandes championnes du golf amateur français, et leurs enfants ont suivi : Kristel, ancienne joueuse du Ladies European Tour, ainsi qu'André et Fabian. Rares sont les familles à avoir autant pesé sur une discipline dans le golf français.

Les chiffres clés

  • 87 ans : son âge à sa mort, le 28 septembre, près de Bordeaux
  • 5 et 8 : ses titres de champion de France en individuel et par équipes
  • 3 : ses participations au championnat du monde amateur
  • 1970-2003 : les années du Trophée Lancôme, qu'il a créé et porté
  • 1 000 : les parcours recensés par son Rolex Golf Guide, lancé en 2010

Ses obsèques seront célébrées le samedi 3 octobre à 10 h 30, au temple du Hâ, à Bordeaux. Restent les parcours qu'il a fait sortir de terre, les guides qui ont appris à des milliers de joueurs où aller taper une balle, et le souvenir d'un tournoi qui, trente ans durant, a fait venir le monde entier à une demi-heure de Paris.

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