Un nom à retenir, une date à marquer
Il y a des débuts qui ne ressemblent à aucun autre. À 18 ans, Lev Grinberg est entré dans l'histoire en devenant le premier joueur né en Ukraine à disputer un Major. Le cadre ? Rien de moins que The Open Championship, le 154e du nom, à Royal Birkdale, du 12 au 19 juillet 2026. Né à Kyiv, ayant débuté le golf à l'âge de cinq ans au Kozyn Golf & Country Club, naturalisé français le 23 décembre dernier, Grinberg représente la France sur le parcours de Southport — et il est l'un des six Français engagés dans cette édition.
Son parcours pour être là n'a rien d'un coup de chance. C'est en remportant le St Andrews Links Trophy — avec des cartes de 66 sur le New Course puis 66, 67 et 70 sur le Old Course — qu'il s'est qualifié via les Open Amateur Series. Une victoire qui lui a ouvert les portes du tableau de départ de Royal Birkdale. Difficile d'imaginer meilleure carte de visite pour un amateur de 18 ans.
La leçon de Koepka, cinq fois vainqueur en Major
Avant de fouler les greens de Birkdale en compétition, Grinberg a eu droit à un échange avec Brooks Koepka, l'un des joueurs les plus titrés en Grand Chelem de sa génération. Le palmarès de Koepka en Majors parle de lui-même : deux US Opens (2017, 2018), trois PGA Championships (2018, 2019, 2023), soit cinq titres majeurs au compteur — un profil qui légitime n'importe quel conseil sur la gestion des grands rendez-vous.
On ne connaît pas la teneur exacte de cet échange, mais l'image est forte : un vétéran des Majors qui transmet quelque chose à un gamin de 18 ans à ses premiers pas sur ce terrain-là. Koepka, qui totalise 9 victoires sur le PGA Tour et plus de 45 millions de dollars de gains en carrière, sait mieux que quiconque ce que représente la pression d'une semaine de Major.
Un amateur franco-ukrainien dans un contexte exceptionnel
Ce qui rend l'histoire de Grinberg particulièrement singulière, c'est le contexte dans lequel elle s'inscrit. Né en Ukraine, formé en France au Centre national de performance, licencié au Golf de Saint-Nom-la-Bretèche, le jeune homme navigue entre deux identités — et incarne à lui seul une forme de résilience que le sport sait parfois mettre en lumière mieux que n'importe quel discours.
Son niveau de jeu n'est pas que symbolique. En 2024 déjà, il avait livré un premier tour remarqué à l'Open de France avec une carte de 66 (-5), à un coup des leaders en tant qu'amateur. Son classement EGR (European Golf Rankings) le plaçait à la 11e position chez les moins de 21 ans avec 46 912,90 points. Des chiffres qui dessinent le portrait d'un joueur qui progresse vite, très vite.
L'enjeu de la semaine pour un amateur de 18 ans
Pour Grinberg, disputer The Open à Royal Birkdale, c'est avant tout une expérience de formation hors norme. Les Majors ont cette capacité d'accélérer les apprentissages : la gestion du vent marin, la lecture des greens ondulés du links, la pression des tableaux d'affichage devant des milliers de spectateurs. Aucun entraînement ne peut réellement simuler ça.
La question n'est donc pas tant de savoir si Grinberg va contester la Claret Jug cette semaine — les probabilités restent infimes pour un amateur de 18 ans face au plateau réuni à Birkdale. L'enjeu est ailleurs : comment ce jeune homme va-t-il absorber l'expérience, gérer la pression, et repartir avec des enseignements qui façonneront la suite de sa carrière ? À en juger par sa trajectoire depuis deux ans, on aurait tort de sous-estimer sa capacité à surprendre.
Un précédent historique qui marque le golf ukrainien
Au-delà du parcours individuel de Grinberg, cette participation à Royal Birkdale ouvre une page inédite pour le golf ukrainien. Être le premier représentant d'un pays dans un Major, c'est une responsabilité symbolique qui dépasse largement le cadre du sport. Le golf ukrainien existe, il forme des joueurs, et l'un d'eux vient de franchir une frontière historique à 18 ans, avec les conseils d'un quintuple vainqueur en Grand Chelem dans les oreilles.
Pour suivre la semaine de Grinberg et de ses cinq compatriotes français à Royal Birkdale, le tableau de bord de cette 154e édition promet d'être chargé en émotions — bien au-delà des seuls enjeux de classement mondial et de prize money.
