Viktor Hovland a terminé 33e ex æquo du FedEx Open de France, à 7 sous le par, dimanche 27 septembre au Golf National, à treize coups du vainqueur Matt Fitzpatrick.
Hovland ne cherche pas la perfection, il cherche le joueur qu'il a été
Deux tours dans les 60, puis 70 et 72 : la semaine parisienne de Viktor Hovland s'est défaite exactement là où le Norvégien espérait avoir trouvé des réponses. Au départ. Le 13e joueur mondial a qualifié son jeu au tee de « choquant » à l'issue du tournoi, un adjectif qui résume l'écart entre ce qu'il produit aujourd'hui et ce qu'il sait produire.
Le plateau était là, le swing non
Le Golf National avait réuni l'un des plateaux les plus relevés de la fin de saison européenne, et Hovland en était la tête d'affiche.
Viktor Hovland · Tommy Fleetwood · Michael Kim · Matt Fitzpatrick · Ludvig Åberg · Ryan Gerard · Cam Smith · Eugenio Chacarra — un plateau relevé au rendez-vous du Golf National cette semaine.
Ses deux premiers tours, en 67 et 68, le laissaient dans le sillage des meilleurs. Puis 70, puis 72 le dimanche, pour un total de 277 coups et 7 sous le par. Pendant ce temps, Matt Fitzpatrick signait 20 sous le par et s'imposait de trois coups devant Angel Hidalgo, avec Matthieu Pavon et Tom Vaillant troisièmes ex æquo à 15 sous le par. Au Golf National, treize coups séparaient au bout du compte le Norvégien du vainqueur.
Au départ, la faille assumée
Ce qui rend la semaine parlante, ce n'est pas le classement. C'est ce que Hovland en a dit. Sa quête de repères dure depuis plusieurs saisons, et il n'a pas cherché l'excuse du parcours.
« C'est censé être amusant, et j'ai envie d'aller là-bas et de prendre du plaisir. Mais c'est dur quand tu vois certains de ces coups partir à 150 yards à gauche. »
Quelques jours plus tôt, le DP World Tour le filmait pourtant dans un tout autre registre à Paris, aux côtés de Michael Kim et de Ludvig Åberg : un défi de coups de pied entre les poteaux, organisé en marge du match de NFL disputé dans la capitale.
Une saison que le classement raconte mal
Vu de l'extérieur, la saison de Hovland n'a rien d'un naufrage : 13e au classement mondial, une victoire au Travelers Championship en juin à 21 sous le par, quatre top 10 dans l'année et une deuxième place au Tour Championship en août, où un dernier tour en 72, deux coups au-dessus du par, a laissé Scottie Scheffler revenir puis le dépasser pour le titre. Avant Paris, il avait pris la 27e place ex æquo du BMW PGA Championship à Wentworth. Le Norvégien compte huit victoires sur le PGA Tour et a gagné lors de chacune des deux dernières saisons.
Sauf que le joueur, lui, ne se fie pas au classement. Il se fie à la sensation, et elle ne suit pas.
« Je sais à quel point c'était bon, et je sais que statistiquement ce n'est plus la même chose. Je le sens, ce n'est plus la même chose. »
La nuance compte, et il la formule lui-même : il ne court pas après un idéal, il court après son propre passé. « On peut dire qu'on poursuit la perfection, mais on ne l'atteindra jamais. Sauf que je ne poursuis pas vraiment la perfection : je poursuis ce que j'ai fait pendant la majeure partie de ma carrière », explique-t-il. La sortie passe, pour lui, par un mouvement plus naturel : il aimerait rapprocher son swing de son « ADN », tout en reconnaissant ne pas savoir à quel point ce sera difficile.
Son modèle du moment, il le désigne sans détour. Chez Scheffler, ce qu'il envie n'est pas la technique mais la certitude : pour Hovland, l'Américain sait où part sa balle et ne cherche pas à en faire trop.
Les chiffres clés
- 33e ex æquo : le classement de Hovland au FedEx Open de France, à 7 sous le par
- 67-68-70-72 : ses quatre tours au Golf National, pour 277 coups
- 13 coups : son retard sur Matt Fitzpatrick, vainqueur à 20 sous le par
- 13e : sa place au classement mondial
- 1 victoire et 4 top 10 : son bilan 2026, avec le Travelers Championship en juin
- 2e : sa place au Tour Championship en août, après un dernier tour en 72
Reste la question qu'il pose sans tout à fait la formuler : combien de temps peut-on tenir dans le top 15 mondial en jouant, de son propre aveu, un golf qu'on ne reconnaît plus ? La réponse ne se lira pas dans un classement de fin de semaine, mais dans la capacité du Norvégien à retrouver, au départ, la balle qu'il voit dans sa tête.


