Un fantôme qui revient hanter Shinnecock Hills
Il y a des images qui restent gravées dans la mémoire collective du golf. Un score de 87 au dernier tour d'un Major en fait partie — le genre de performance qui peut signer la fin d'une carrière dans les grandes épreuves, ou du moins en laisser le goût amer pour longtemps. C'est pourtant avec ce bagage que J.B. Holmes se présente à la 126e édition de l'U.S. Open, prévue du 18 au 21 juin 2026 à Shinnecock Hills, dans l'État de New York.
Pour qui suit le circuit depuis un moment, le nom de Holmes évoque avant tout un frappeur hors norme, un joueur capable de faire des choses extraordinaires avec un driver en mains. Cinq victoires sur le PGA Tour, dont un Wells Fargo Championship qui avait marqué les esprits, plus de 25 millions de dollars de gains en carrière selon les données disponibles. Et puis, quelques années plus tôt, une opération au cerveau qui aurait pu tout arrêter. Holmes a déjà prouvé qu'il savait revenir de loin.
Le contexte d'un retour aux Majeurs
Ce qui rend ce comeback particulièrement intéressant à analyser, c'est le point de départ. Terminer un Major avec un score de 87 lors du dernier tour, c'est statistiquement l'une des expériences les plus difficiles à digérer pour un professionnel de haut niveau. Ce n'est pas simplement une mauvaise journée : c'est une humiliation publique, filmée, commentée, analysée sous tous les angles. Peu de joueurs ont la capacité mentale de revenir se confronter à ces mêmes tournois après un tel épisode.
Holmes, lui, est de retour. Et pas dans n'importe quel contexte : l'U.S. Open sur le tracé exigeant de Shinnecock Hills, l'un des parcours les plus sélectifs du calendrier des Majeurs. Un lieu qui ne pardonne rien, où les leaders peuvent s'effondrer spectaculairement — l'histoire du tournoi en témoigne — et où la gestion mentale prime parfois sur le talent pur.
Holmes dans le paysage du golf en 2026
Côté chiffres, les données disponibles placent J.B. Holmes aux alentours du 68e rang mondial (OWGR). Ce n'est pas le rang d'un favori pour le titre, mais c'est celui d'un joueur qui a sa place dans le tableau d'un Major et qui peut, sur quatre tours, créer la surprise — ou du moins construire un résultat honorable qui effacerait le souvenir douloureux de son dernier passage dans ces grandes épreuves.
Il faut replacer ce retour dans une trajectoire de carrière qui n'a jamais été linéaire. Holmes avait fait forte impression lors du British Open 2019 à Portrush, où il avait rendu une carte de 66 au premier tour pour prendre seul la tête du tournoi, devant Tiger Woods et Rory McIlroy notamment. La capacité à performer dans les grandes occasions, il l'a démontré. La question est toujours de savoir sur quelle version de lui-même on tombera d'un tour à l'autre.
L'U.S. Open, terrain des grands retours
L'histoire de l'U.S. Open est jalonnée de récits de résilience. C'est l'une des caractéristiques de cette épreuve : son niveau de difficulté extrême nivelle les écarts entre joueurs sur certaines journées, et offre à des outsiders la possibilité de s'illustrer là où les favoris trébuChent. Les records de l'épreuve témoignent de sa complexité — Hale Irwin l'a remporté à 45 ans, ce qui reste un record de longévité dans ce tournoi.
Pour Holmes, l'objectif ne sera sans doute pas de graver son nom sur le trophée à Shinnecock Hills. Mais franchir le cut, signer quatre tours propres, démontrer qu'il peut encore figurer dans les 50 premiers d'un Major : voilà ce qui constituerait déjà un vrai signal. Dans un sport où la carrière se mesure souvent à l'aune des grandes épreuves, revenir compétitif dans un U.S. Open après la désillusion qu'il a vécue serait en soi une performance notable.
Ce qu'on surveillera cette semaine
Du côté de Shinnecock Hills, les quatre tours débuteront le 18 juin. Pour Holmes, chaque tour sera scruté avec cet arrière-plan narratif pesant. Le premier tour sera décisif : s'il parvient à démarrer dans le positif, à rester dans le coup au cut, la dynamique psychologique pourrait basculer en sa faveur. Les joueurs qui ont vécu des épisodes similaires le disent souvent : le plus dur, c'est les premières heures sur le parcours, avant que le jeu reprenne le dessus sur les fantômes.
Le golf, contrairement à beaucoup d'autres sports, offre ces scènes de rédemption en pleine lumière. On verra cette semaine si J.B. Holmes est en mesure d'en écrire une nouvelle page à son avantage.
