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Jim Furyk capitaine en 2028 : retour sur une défaite parisienne souvent mal lue, et sur un héritage sous-estimé qui pourrait faire la différence.

Jim Furyk capitaine : retour sur une Ryder Cup incomprise

Jim Furyk capitaine en 2028 : retour sur une défaite parisienne souvent mal lue, et sur un héritage sous-estimé qui pourrait faire la différence.

Une défaite qui reste en travers

Lorsque Jim Furyk a été annoncé comme capitaine de l'équipe américaine pour la Ryder Cup 2028, certains observateurs ont immédiatement ressorti les fantômes de 2018. À Paris, au Golf National, les États-Unis s'étaient lourdement inclinés face à une Europe survoltée (17,5-10,5), dans une ambiance hostile et sous des trombes d'eau. Pour beaucoup, Furyk avait raté son coup. Mauvais choix de capitaines assistants, gestion bancale des pairings, absence de leader… Les critiques avaient fusé.

Pourtant, six ans plus tard, Jim Furyk est de retour aux commandes. Et pour cause : cette relecture de 2018 passe à côté de l'essentiel. Ce que Furyk a construit en coulisses, la manière dont il a géré un groupe aux egos surdimensionnés, et surtout le contexte d'une équipe européenne au sommet de son art, mérite un second regard.

Un contexte parisien hors norme

Il faut rappeler que l'Europe de Thomas Bjørn évoluait à domicile, portée par une ferveur rarement vue en Ryder Cup. Le parcours du Golf National, étroit et exigeant, punissait les approximations. Les Américains, habitués aux fairways larges et aux greens rapides, ont payé cash leurs hésitations. Francesco Molinari a réalisé un 5 sur 5 parfait, Tommy Fleetwood s'est révélé en patron, et même les rookies européens ont surperformé.

Côté américain, les stars attendues — Jordan Spieth, Patrick Reed, Phil Mickelson — ont été absents aux abonnés. Furyk a bien tenté de bousculer les duos, mais face à une telle débâcle collective, aucun ajustement tactique ne pouvait inverser la vapeur. Ce n'était pas un échec de capitaine : c'était un naufrage collectif face à une Europe intraitable.

Ce que Furyk a vraiment construit

Loin des projecteurs, Jim Furyk a instauré un cadre de communication inédit. Il a multiplié les réunions préparatoires, impliqué ses joueurs dans les décisions, et tenté de casser la dynamique toxique héritée des échecs précédents (Hazeltine 2016 excepté). Plusieurs membres de l'équipe ont depuis salué son approche humble et collaborative, à rebours du modèle autoritaire parfois privilégié.

« Jim nous a donné la parole, il a écouté. Ce n'est pas lui qui a raté ses putts sous la pluie. On a simplement été battus par une équipe meilleure ce jour-là. » — Un membre anonyme de l'équipe américaine 2018

Si la PGA of America lui renouvelle sa confiance en 2028, c'est justement parce qu'elle a compris que Paris n'était pas une affaire de capitanat, mais de timing et de forme collective. Furyk a payé pour une génération en bout de course et une nouvelle garde pas encore prête à assumer.


2028 : une revanche ou une continuité ?

La Ryder Cup 2028 se jouera à Hazeltine, théâtre du dernier triomphe américain en 2016. Un choix symbolique. Et cette fois, Furyk pourra compter sur une génération au sommet : Scottie Scheffler, Collin Morikawa, Xander Schauffele, tous aguerris, tous vainqueurs en Majeurs. Le cadre sera différent. L'expérience de 2018 aussi.

Plutôt que de voir 2028 comme une revanche personnelle, Furyk l'envisage comme une continuité : celle d'un système qu'il a contribué à moderniser, d'une culture d'équipe qu'il a aidé à assainir. Si les États-Unis l'emportent à domicile, ce ne sera pas « malgré » Paris, mais en partie grâce aux leçons tirées de cette défaite.

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