Kaymer lève le voile sur une situation préoccupante
C'est une révélation qui en dit long sur l'état de santé financière du LIV Golf. Martin Kaymer, capitaine d'une des équipes du circuit saoudien, a accordé une interview à Today's Golfer dans laquelle il évoque ouvertement les difficultés que traverse la ligue. Selon lui, l'épreuve par équipes — événement phare du calendrier LIV — serait tout simplement au bord de l'annulation, faute de financement suffisant.
Pour rappel, le circuit LIV structure sa saison autour d'un double enjeu : un classement individuel et un classement par équipes, ce dernier devant culminer lors d'un championnat dédié. C'est précisément cet événement final qui serait désormais menacé. Le tournoi par équipes, initialement prévu fin août en Louisiane, avait déjà été reporté en septembre — un premier signal d'alerte qui prenait tout son sens à la lumière des déclarations de Kaymer.
Des signaux d'alarme qui s'accumulent
Les confidences de l'Allemand ne sortent pas du néant. Depuis plusieurs semaines, des rumeurs circulent sur la santé financière du LIV Golf, certaines allant jusqu'à évoquer des retards de paiement envers les joueurs. Des informations que le circuit n'a pas formellement démenties avec des chiffres à l'appui. Dans ce contexte, la sortie médiatique de Kaymer — un joueur au profil respecté, double vainqueur en Majeur et ancien numéro un mondial — prend une résonance particulière. Ce n'est pas un outsider qui se plaint : c'est un capitaine, une figure centrale du dispositif LIV, qui tire la sonnette d'alarme.
La question qui se pose désormais est simple : si même l'épreuve par équipes, vitrine sportive et concept différenciateur du LIV par rapport aux circuits traditionnels, ne peut plus être garantie financièrement, qu'est-ce que cela dit de la trajectoire globale du projet ?
Un modèle économique sous pression
Le LIV Golf avait été lancé avec des ambitions démesurées et des moyens en apparence illimités, portés par le fonds souverain saoudien PIF. Mais entre les droits TV difficiles à monétiser, l'absence de cut et donc un format moins attractif pour certains annonceurs, et les tensions persistantes avec les circuits établis, le modèle peine visiblement à s'autofinancer. Les négociations avec le PGA Tour, un temps envisagées comme une sortie par le haut, semblent également dans l'impasse.
Pour un joueur comme Martin Kaymer, qui a construit sa carrière sur les circuits européen et américain avant de rejoindre l'aventure LIV, ce contexte est particulièrement inconfortable. Ses déclarations, aussi brèves soient-elles, constituent un témoignage rare d'un insider sur les coulisses d'une organisation qui communique habituellement très peu sur ses difficultés internes.
La suite des événements dira si l'épreuve par équipes sera finalement maintenue, reportée une nouvelle fois, ou définitivement annulée. Mais une chose est sûre : la période d'invulnérabilité financière supposée du LIV Golf appartient désormais au passé.
