Une prise de parole avant l'US Open
À quelques jours du coup d'envoi de l'U.S. Open à Shinnecock Hills (18-21 juin), Rory McIlroy n'a pas mâché ses mots sur l'état du golf professionnel masculin. Le Nord-Irlandais, actuellement l'un des joueurs les plus en vue du circuit avec 30 victoires sur le PGA Tour et un doublé historique au Masters (2025 et 2026), a profité de la tribune médiatique offerte par la semaine du Major pour s'exprimer sur les changements proposés au calendrier du PGA Tour — et pointer du doigt la responsabilité de LIV Golf dans les déséquilibres économiques actuels.
LIV Golf dans le viseur
Selon les informations rapportées par Golf.com, McIlroy a utilisé une formule qui résume bien sa pensée : LIV aurait créé une « fausse économie » dans le golf professionnel. Le circuit saoudien, en injectant des montants considérables pour attirer des joueurs de premier plan, aurait artificiellement gonflé les prétentions salariales et les prize money sur l'ensemble du secteur, forçant le PGA Tour à réagir dans l'urgence sur le plan financier.
Ce n'est pas la première fois que McIlroy se positionne sur ce dossier, mais son discours a évolué. Longtemps fervent défenseur d'un rapprochement entre le PGA Tour et LIV — il avait lui-même admis avoir été « trop critique » envers le circuit dissident à un moment donné —, il semble aujourd'hui considérer que les deux entités se sont « trop éloignées » pour envisager une réunification du golf masculin. Un virage notable dans sa rhétorique.
Les changements de calendrier en toile de fond
Au-delà de la polémique LIV, McIlroy s'est également exprimé sur les évolutions envisagées pour le calendrier du PGA Tour. Sans détailler l'ensemble de ses positions — les informations disponibles restant partielles à ce stade —, il apparaît que le joueur de 37 ans suit de près les discussions en cours sur la restructuration du circuit américain, lui qui siège depuis plusieurs années parmi les voix influentes du vestiaire.
Le contexte est important : ces débats sur le calendrier et l'économie du golf professionnel se tiennent alors que McIlroy s'apprête à défendre ses chances sur l'un des parcours les plus exigeants du circuit Major, Shinnecock Hills, à Southampton (New York). Le joueur nord-irlandais, qui compte notamment un US Open à son palmarès (2011), aborde ce 126e championnat dans une forme difficile à contester statistiquement.
Un acteur central du débat institutionnel
Ce qui est frappant dans la position de McIlroy, c'est sa constance à s'impliquer dans les débats de gouvernance du golf — parfois au détriment de sa concentration pure sur le jeu, comme il l'a lui-même reconnu par le passé. Avec 30 victoires sur le PGA Tour et des gains en carrière dépassant les 115 millions de dollars, il parle depuis une position de force. Ses prises de position ont du poids, et le fait qu'il choisisse la semaine d'un Major pour les formuler n'est jamais anodin.
La question de fond reste entière : comment le PGA Tour peut-il stabiliser son modèle économique face à la concurrence des pétrodollars, sans pour autant dénaturer ce qui fait la valeur sportive du circuit ? McIlroy, en parlant de « fausse économie », pose le diagnostic. Les solutions, elles, restent encore à écrire.
