Burns à deux coups, le titre à portée de main
C'est l'image de ce samedi à Royal Birkdale : Sam Burns quitte le 18e green avec deux coups d'avance sur l'ensemble du peloton avant le dernier tour de l'Open Championship 2026. Auteur d'un brillant 65 (-5) au troisième tour, l'Américain totalise -10 (73-62-65) et devance un duo composé notamment du Néo-Zélandais Ryan Fox et d'autres poursuivants. Pour un joueur qui compte 5 victoires sur le PGA Tour et plus de 41 millions de dollars de gains en carrière, l'opportunité est évidente. Mais dans un Major, surtout celui-ci, deux coups d'avance à 18 trous de la fin, ça se digère autant que ça se défend.
Burns n'a pas encore décroché de titre majeur dans sa carrière. Le palmarès est solide — cinq succès sur le Tour, une régularité certaine confirmée par son US Open 2026 où il a terminé 2e — mais les Majors ont jusqu'ici résisté à l'Américain. Ce dimanche à Birkdale, il a l'occasion de changer ça d'un seul coup.
DeChambeau, la menace numéro un dans le dos
Bryson DeChambeau est là, lui aussi. Et quand Bryson est dans le coup un dimanche de Major, la prudence s'impose. Les chiffres parlent pour lui : 2 victoires à l'US Open (2020 et 2024), 7 victoires sur le PGA Tour, 1 titre sur le DP World Tour. C'est un chasseur de Majors, pas un joueur de fond de tableau. Le circuit LIV n'a pas entamé sa capacité à performer sur les plus grandes scènes.
Samedi, DeChambeau a concédé un bogey frustrant au 18e trou, terminant avec une carte de 69 pour se classer 7e à -6, soit à quatre coups de Burns. Une pénalité de deux coups enregistrée au trou n°5 sur le tableau officiel a également alourdi sa journée. Dans un final de Major, cependant, la psychologie pèse autant que le swing. DeChambeau en embuscade à quatre longueurs, c'est un scénario qui mérite toute l'attention.
Le contexte Royal Birkdale : un parcours qui redistribue les cartes
Royal Birkdale, c'est la 154e édition de l'Open Championship. Le parcours du Lancashire a une réputation bien établie : il teste la gestion du jeu autant que la technique pure. Les vents côtiers, les rough profonds, les greens ondulés — tout peut basculer en quelques trous. L'histoire récente du tournoi montre que les leaders du samedi soir ne survivent pas toujours au dimanche de Birkdale.
Pour Burns, la clé sera de ne pas laisser la pression transformer deux coups d'avance en dette. Pour ses poursuivants, chaque birdie compte double psychologiquement. Le troisième tour a d'ailleurs vu Lucas Herbert et Burns signer tous deux des 62, soulignant que le parcours peut se laisser dompter quand les conditions s'y prêtent — et que les concurrents sont capables de scores explosifs.
Mon analyse pour le dernier tour
En tant que spécialiste des chiffres et des dynamiques de compétition, je vois deux scénarios principaux se dessiner pour ce dimanche. Premier cas : Burns joue son golf, gère l'avantage sans se refermer, et décroche le premier Major de sa carrière. Sa régularité en 2026 plaide pour lui — un 2e place à l'US Open il y a moins d'un mois témoigne d'un joueur au sommet de son niveau sur les plus grandes scènes.
Second cas : DeChambeau fait ce qu'il sait faire dans les Majors. L'homme a déjà remonté des déficits similaires, notamment lors de son deuxième US Open en 2024. Avec lui, quatre coups d'avance ne sont jamais vraiment quatre coups d'avance. Son bilan en Grand Chelem — deux titres US Open et un palmarès global de sept victoires sur le PGA Tour — en fait objectivement le challenger le plus redoutable statistiquement parmi les poursuivants.
À noter également que le contexte de qualification pour le classement mondial donne une dimension supplémentaire à ce dénouement : une victoire en Major représente un bond considérable, avec des implications directes sur la suite de la saison pour tous les joueurs concernés.
Verdict : le duel du dimanche
Ce que j'attends de ce dernier tour, c'est un duel entre la régularité de Burns et l'instinct de tueur de DeChambeau. L'un défend, l'autre attaque — c'est le scénario idéal pour un final d'Open Championship. Les statistiques historiques des Majors montrent que les leaders après 54 trous convertissent leur avantage dans environ 55 à 60 % des cas, mais cette marge fond considérablement lorsque des joueurs aguerris dans les Grands Chelems comme DeChambeau figurent dans le peloton. La pression du premier titre majeur est une variable que les chiffres ne capturent pas entièrement.
Rendez-vous ce dimanche sur les links de Birkdale. Burns à -10, un groupe de poursuivants à -8 et DeChambeau à -6 : quel que soit le vainqueur, le 154e Open Championship est en train de s'écrire.
