Pebble Beach a fait abattre début septembre le cyprès de Monterey qui gardait le trou n°16 de son parcours californien, une décision critiquée par Justin Thomas mais justifiée par un arbre malade au-delà de tout traitement.
Le trou n°16 de Pebble Beach a perdu son arbre, et le golf s'est enflammé
L'arbre se dressait à environ 90 yards du green, soit un peu plus de 80 mètres, sur le côté droit du trou n°16. Il obligeait à choisir son camp au deuxième coup. Il n'est plus là, et la nouvelle a fait le tour du golf américain avant que quiconque ne demande pourquoi.
« Aucun sens », juge Justin Thomas
La charge la plus commentée est venue de Justin Thomas, qui a rangé l'opération dans la longue liste des abattages contestés sur les grands parcours américains.
« Un trou tellement réussi. Ça n'a aucun sens pour moi qu'ils fassent ça. Quand est-ce que les endroits comme celui-là comprendront que supprimer des arbres n'est pas la solution pour améliorer un parcours ? »
Le reproche n'est pas isolé : la suppression d'arbres est devenue l'un des sujets les plus inflammables de l'architecture de parcours, entre ceux qui y voient un retour à l'esprit des links et ceux qui dénoncent la disparition des repères stratégiques.
Un arbre malade, pas un choix d'architecte
La version de Pebble Beach est nettement moins romanesque, et elle change tout : l'arbre n'a pas été sacrifié pour redessiner le trou, il était condamné. Un porte-parole du domaine a détaillé le diagnostic.
« Il était devenu malade et infesté au-delà de toute guérison, malgré nos meilleurs efforts pour le traiter ces deux dernières années. Il a été retiré sur recommandation d'un arboriculteur certifié local, pour éviter le risque de contamination des arbres voisins. »
Deux ans de soins, un avis d'expert, un risque de propagation : le trou n°16 n'a pas été retouché par un architecte, il a été soigné par un jardinier qui a perdu son patient. C'est une nuance que les premières réactions n'avaient pas, faute d'explication publique au moment de l'abattage.
L'USGA n'y est pour rien
La rumeur la plus tenace voulait que la fédération américaine ait demandé l'abattage pour préparer son championnat. Pebble Beach accueille en effet l'US Open du 17 au 20 juin 2027, l'un des rendez-vous que le parcours a décrochés en devenant l'un des sites permanents de l'USGA. La fédération a démenti tout rôle dans la décision, comme l'a confirmé un de ses porte-parole.
Le calendrier explique l'emballement : à moins de deux ans d'un grand championnat, chaque coup de tronçonneuse sur un parcours mythique devient un sujet. Nos analyses de l'US Open 2026 à Shinnecock Hills montraient déjà à quel point la préparation d'un parcours concentre les regards.
Faut-il replanter ?
La question reste ouverte. Pebble Beach indique poursuivre les échanges avec son arboriculteur sur la possibilité de planter quelque chose de nouveau à cet endroit, sans décision arrêtée à ce stade. Entre-temps, le trou n°16 se joue sans son garde-fou visuel, et les joueurs du prochain US Open découvriront peut-être un trou plus ouvert que celui que leurs prédécesseurs ont affronté.
Pour mesurer ce que l'arbre apportait, ce survol trou par trou du parcours, filmé avant les modifications récentes, reste la meilleure référence.
Reste une leçon valable bien au-delà de la Californie : sur un parcours célèbre, un arbre qui disparaît n'est jamais seulement un arbre, et une explication publiée à temps aurait probablement économisé beaucoup d'indignation.
