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Classement, LIV, expérience : l'écart entre les deux coupes s'explique

Presidents Cup gagnée, Ryder Cup perdue : le mystère américain n'en est pas un

Classement, LIV, expérience : l'écart entre les deux coupes s'explique

À la veille de la Presidents Cup 2026 à Medinah, les États-Unis restent sur dix succès consécutifs dans cette épreuve et sur deux Ryder Cup perdues, un contraste que les chiffres du classement mondial expliquent en grande partie.

Le même vestiaire, deux résultats opposés

Les mêmes joueurs, le même capitaine ou presque, le même format, et deux bilans que tout oppose. Depuis 2005, aucune équipe américaine n'a perdu la Presidents Cup ; depuis 2021, aucune n'a gagné la Ryder Cup. On a beaucoup cherché l'explication dans le vestiaire américain, dans la supposée froideur de ses stars ou dans le talent de ses capitaines. Il existe une réponse plus simple, et elle tient dans une colonne de chiffres : les États-Unis n'affrontent tout simplement pas le même adversaire.

Le classement mondial dit presque tout

Sur les trois dernières éditions de chaque épreuve, les Américains alignent une moyenne de classement mondial de 11,9. En face, les Européens tournent à 28,1 et les Internationaux à 44,65. Autrement dit, la supériorité américaine sur le papier existe dans les deux compétitions, mais elle est deux fois plus large contre les Internationaux. Cette année à Medinah, l'écart atteint son maximum : 15,1 de moyenne côté américain, 50,8 côté international.

Le détail par édition est encore plus parlant. En 2021, les États-Unis écrasaient une Europe classée 30,8 en moyenne et l'emportaient 19-9. En 2025, face à une équipe européenne remontée à 23,6, ils s'inclinaient 15-13. Entre-temps, leur propre moyenne était passée de 8,9 à 11,1, un glissement sans commune mesure avec les sept places gagnées par l'Europe. Le facteur qui a changé, c'est la qualité du plateau d'en face.

Un chiffre résume la différence de densité : sur cette période, les Internationaux n'ont eu qu'un seul joueur classé dans le top 10 mondial, Hideki Matsuyama en 2024. Les Européens en ont aligné huit.

Les chiffres clés

  • 11,9 : le classement mondial moyen des Américains sur les trois dernières Ryder Cup et Presidents Cup
  • 28,1 contre 44,65 : la moyenne des Européens face à celle des Internationaux sur la même période
  • 8 contre 1 : le nombre de joueurs du top 10 mondial alignés par l'Europe, contre un seul côté international
  • 15,1 contre 50,8 : l'écart de moyenne entre les deux équipes présentes à Medinah cette semaine
  • 2,7 contre 1,25 : le nombre moyen de participations antérieures, Europe contre États-Unis, à la Ryder Cup 2025

Ce que LIV a retiré aux Internationaux

La deuxième explication est réglementaire, et elle n'a rien d'anecdotique. Le PGA Tour interdit la Presidents Cup aux joueurs passés au LIV, alors que la Ryder Cup leur reste ouverte. Résultat : l'équipe internationale se présente chaque fois amputée de plusieurs de ses meilleurs éléments — Cameron Smith, Joaquin Niemann, Lucas Herbert, Louis Oosthuizen ou Dean Burmester — quand l'Europe, elle, peut encore aligner les siens. Une équipe déjà moins dense perd ainsi ses rares joueurs de très haut niveau, pendant que son adversaire ne perd personne.

L'expérience, l'autre fossé

Les Européens ne sont pas seulement mieux classés : ils sont surtout mieux rodés. À la Ryder Cup 2025, les joueurs européens comptaient en moyenne 2,7 participations antérieures, contre 1,25 côté américain. Les États-Unis, qui disputent une épreuve par équipes chaque année, devraient logiquement capitaliser plus vite ; c'est l'inverse qui se produit, parce que leur sélection se renouvelle en permanence.

Les Internationaux, eux, compensent leur déficit de classement par la longévité de quelques piliers : Adam Scott dispute cette semaine sa douzième Presidents Cup, Matsuyama sa septième. Cela suffit à rendre les matchs disputés, rarement à renverser une coupe.

Le parcours, l'arme du capitaine à domicile

Reste la préparation, où le capitaine à domicile dispose d'un levier réel. Brandt Snedeker ne s'en cache pas.

« Être capitaine à domicile, c'est l'un des avantages : vous fixez les paramètres de la façon dont le parcours doit être préparé. »

Encore faut-il que le plan tienne. Le capitaine américain reconnaît que Medinah ne ressemble pas tout à fait à ce qu'il avait demandé : « J'ai été très clair avec les équipes du circuit sur l'état dans lequel nous voulions amener ce parcours, mais, d'une manière troublante et assez similaire à ce qui s'était passé à Bethpage, cela ne s'est pas déroulé comme prévu. » Le parcours n° 3 de Medinah a été entièrement repensé avant cette édition.

Les statistiques, où l'Europe garde une longueur d'avance

Sur le terrain de l'analyse de données, l'Europe a pris de l'avance en confiant ses modèles à Edoardo Molinari, dont le travail d'appariement est devenu une référence. Les Américains ont réagi en changeant d'approche, avec Justin Ray et Hunter Stewart, et en réformant leur système de sélection : à partir de 2027, seule la saison en cours entrera dans le calcul, là où l'année précédente comptait jusqu'ici. Snedeker, lui, refuse de s'y enfermer.

« Les statistiques sont excellentes sur des modèles à dix mille tours. Nous, nous jouons un match en dix-huit trous. Servez-vous-en pour décider en connaissance de cause, mais ne vous y enchaînez pas : il faut se fier à ses yeux et à son instinct. »

Côté international, on sait exactement ce qui manque. Ryan Fox désigne le modèle à copier : « L'équipe européenne a très bien réussi cela depuis une dizaine d'années, peut-être plus : avoir un objectif collectif unique. J'ai le sentiment que nous nous en approchons sérieusement. » Le même constat vaut, en creux, pour les Américains, que Luke Donald a battus deux fois de suite en soignant chaque détail.

Notre avis

Le « mystère » américain n'en est pas un. Les États-Unis gagnent la Presidents Cup parce qu'ils y affrontent une équipe plus faible sur le papier, privée de ses joueurs partis au LIV, et qu'ils abordent cette semaine avec l'avantage du terrain. Ils perdent la Ryder Cup parce qu'en face, l'adversaire a comblé l'écart de classement, dispose de plus d'expérience commune et d'un capitanat plus stable. Snedeker le dit à sa manière : « Trouver la recette secrète qui explique pourquoi le succès a pris cette forme, c'est la question la plus difficile à laquelle nous essayons de répondre. » Elle le restera tant qu'on la cherchera dans la psychologie plutôt que dans la structure des deux compétitions.

La Presidents Cup 2026 se dispute du 24 au 27 septembre à Medinah, en direct sur Canal+ Sport et Golf+ ; nous avons détaillé les horaires depuis la France.

Où regarder en France

Diffusion :Canal+ SportGolf+

Horaires détaillés à venir dans le guide TV.

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