Une fenêtre rare pour Rahm
Il y a des semaines qui ont un parfum particulier. Celle du Genesis Scottish Open 2026 au Renaissance Club, à North Berwick, en fait clairement partie. Pour la première fois depuis son départ vers LIV Golf, Jon Rahm se retrouve dans la position unique de pouvoir signer une victoire estampillée PGA Tour. C'est mathématiquement possible, c'est sportivement crédible — et c'est exactement ce qui rend cette semaine écossaise intéressante bien au-delà des seuls enjeux de classement.
Rappelons le contexte : le Genesis Scottish Open fait partie des rares événements co-sanctionnés par le PGA Tour et le DP World Tour, ce qui permet à des joueurs comme Rahm — membres de LIV Golf et donc persona non grata sur le circuit américain la plupart du temps — d'y participer et de cumuler des points dans les deux classements. C'est une parenthèse réglementaire que l'Espagnol a décidé de saisir, et on ne peut pas lui en vouloir.
11 victoires PGA Tour, puis le silence
Avant de rejoindre LIV Golf, Jon Rahm avait accumulé 11 victoires sur le PGA Tour. Un palmarès solide, construit sur plusieurs années de domination, couronné par deux titres en Majeurs — l'US Open 2021 et le Masters 2023. Depuis son transfert vers LIV, ce compteur est figé. Chaque semaine sur les circuits traditionnels est donc une occasion rare pour lui de faire bouger les lignes.
Ce n'est pas anodin sur le plan de la légitimité sportive non plus. LIV Golf organise sa propre saison, avec son propre titre individuel — que Rahm a d'ailleurs remporté pour la deuxième année consécutive en 2025, ce qui n'est pas rien. Mais pour beaucoup d'observateurs, une victoire dans un tournoi co-sanctionné PGA Tour/DP World Tour aurait une résonance différente, une forme de validation sur la scène internationale classique.
Un champ relevé, une concurrence réelle
Rahm ne débarque pas dans un tournoi de second rang pour s'offrir une victoire facile. Le Genesis Scottish Open est l'un des tournois les plus relevés de l'été européen, traditionnellement positionné la semaine avant The Open Championship. C'est une étape charnière, un test de links conditions face aux meilleurs du monde. Cette édition 2026 ne fait pas exception : Scottie Scheffler est affiché comme le grand favori selon les cotes de paris, ce qui en dit long sur le niveau du plateau.
Les vainqueurs récents du Scottish Open témoignent de cette exigence : le palmarès récent inclut des noms comme Rory McIlroy, Xander Schauffele ou encore Aaron Rai. Ce n'est pas un tournoi que l'on remporte sans jouer son meilleur golf. Le cut est fixé à -3 cette semaine, ce qui illustre la nature scoring du Renaissance Club quand les conditions le permettent.
Le signal d'un réchauffement avec le circuit européen
Au-delà du seul résultat sportif, la participation de Rahm au Genesis Scottish Open envoie un signal intéressant sur le plan institutionnel. Plusieurs sources indiquent que l'Espagnol confirme ici un "réchauffement" progressif avec le DP World Tour, circuit sur lequel il reste membre en tant qu'Européen. Cette présence à North Berwick n'est donc pas anodine : elle s'inscrit dans une démarche plus large de maintien d'un pied dans le golf traditionnel, à l'heure où les discussions entre LIV et les circuits établis restent en suspens.
Pour le lectorat francophone, notons que Rahm — né à Barrika, au Pays Basque espagnol — reste l'une des références absolues du golf européen. Ses apparitions sur le DP World Tour, même ponctuelles, sont donc suivies avec attention sur ce continent. Et si cette semaine écossaise devait se conclure par une victoire, elle alimenterait un débat déjà bien installé : jusqu'où LIV Golf empêche-t-il vraiment ses joueurs de performer au plus haut niveau mondial ?
Ce que cette semaine dit de Rahm en 2026
Sportivement, Rahm reste un compétiteur de premier plan. Ses 653,1 points Data Golf en carrière le classent au 26e rang all-time selon cet outil d'analyse avancée — une donnée qui relativise les arguments selon lesquels LIV Golf aurait émoussé son niveau. Double champion individuel LIV en titre, 2e du PGA Championship lors de la dernière édition selon les sources disponibles, l'Espagnol arrive en Écosse avec le profil d'un joueur capable de gagner n'importe où.
La question n'est donc pas tant "Rahm peut-il gagner ?" — la réponse est clairement oui — mais plutôt ce que représenterait cette victoire dans le contexte actuel du golf mondial. Une 12e victoire PGA Tour pour un joueur de LIV, sur un tournoi co-sanctionné : ce serait un fait statistique à part entière, et une histoire que le golf retiendrait longtemps. Rendez-vous à North Berwick pour la suite.
