Pas sollicité, mais pas fermé non plus
Jon Rahm a mis les choses au clair cette semaine. Non, personne ne lui a demandé de sortir son chéquier pour sauver LIV Golf. Mais l'Espagnol n'a pas non plus claqué la porte sur l'idée d'une contribution financière des joueurs à l'avenir. « Jamais dire jamais », aurait-il lâché — et c'est précisément cette petite formule qui mérite qu'on s'y arrête.
Ce qu'il faut comprendre, c'est que la question n'est plus anodine. Depuis plusieurs mois, l'avenir économique du circuit saoudien est au cœur des discussions dans les vestiaires. Le Fonds souverain saoudien (PIF) a injecté des milliards depuis 2022 pour faire exister LIV Golf, mais la pérennité du projet sans investisseurs extérieurs reste une vraie interrogation. Et dans ce contexte, la loyauté financière des stars commence à être évoquée — à voix haute.
Rahm, champion individuel… mais pas banquier
Jon Rahm est aujourd'hui l'un des visages les plus visibles du circuit. Classé #7 mondial (OWGR) et fort de 11 victoires au compteur de sa carrière — dont un Masters 2023 et un US Open 2021 —, il a remporté le titre de champion individuel LIV Golf deux saisons de suite. C'est lui qui incarne la légitimité sportive du projet. Alors forcément, quand on parle d'engagement des joueurs au-delà du terrain, son nom sort en premier.
Mais Rahm a visiblement choisi de garder une certaine distance sur le plan business. Contrairement à Bryson DeChambeau, qui serait activement impliqué dans la recherche de nouveaux investisseurs selon plusieurs sources, l'Espagnol n'est pas dans cette dynamique — du moins pour l'instant. Il joue. Il gagne. Et il ne gère pas les finances du circuit.
Un circuit qui cherche encore son modèle
La vraie question derrière cette sortie médiatique, c'est celle de la viabilité de LIV Golf à moyen terme. Le PIF peut-il continuer à financer indéfiniment un circuit qui peine à trouver des partenaires télé majeurs et un accès aux points OWGR à la hauteur de ses ambitions ? Rien n'est moins sûr. Et si les joueurs doivent un jour mettre la main à la poche pour protéger leurs propres contrats et la valeur de leurs franchises, le débat sera autrement plus épineux.
Rahm le sait. D'où ce « jamais dire jamais » qui en dit long. Ce n'est pas une porte ouverte, c'est une fenêtre entrouverte — et dans l'univers du golf business, la nuance compte.
Ce que ça dit de LIV en 2026
On est en juillet 2026, et LIV Golf entre dans sa quatrième saison de compétition. Le circuit existe, les chèques tombent, les joueurs jouent. Mais l'ombre d'une dépendance exclusive au PIF plane toujours. Que des joueurs comme Rahm — certes prudemment — commencent à évoquer publiquement une participation financière possible, c'est un signal. Pas une alarme, mais un signal.
Pour les fans et observateurs francophones, rappelons que Rahm avait rejoint LIV en décembre 2023 dans ce qui était alors présenté comme l'un des transferts les plus retentissants de l'histoire récente du golf. Deux ans et demi plus tard, il reste la tête d'affiche incontestée du circuit — sportivement, du moins. La suite ? On regardera avec beaucoup d'intérêt comment ce dossier évolue.
