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Avant l'Irish Open, Jon Rahm reste évasif sur son avenir chez LIV Golf. Triple champion individuel du circuit, il joue la carte du silence.

Rahm et LIV Golf : le silence éloquent avant l'Irish Open

Avant l'Irish Open, Jon Rahm reste évasif sur son avenir chez LIV Golf. Triple champion individuel du circuit, il joue la carte du silence.

"On verra" : Rahm en mode bunker

À quelques jours de l'Irish Open, Jon Rahm a choisi ses mots avec soin — ou plutôt, il les a économisés. Interrogé sur son avenir au sein de LIV Golf, l'Espagnol n'a pas dévié d'un pouce : «On verra», «Le temps dira». Des réponses qui, en creux, en disent peut-être plus qu'un long discours.

Celui qui se définit lui-même comme étant devenu «plutôt bon pour gérer les turbulences» semble avoir intégré l'incertitude comme une donnée de base de son quotidien depuis son départ fracassant du PGA Tour fin 2023. Sauf que les turbulences, aujourd'hui, ne viennent plus de l'extérieur : elles secouent le cockpit même de LIV Golf.

Un champion dans un circuit en crise

Les chiffres racontent pourtant une réussite individuelle indéniable. Rahm a remporté le classement individuel LIV Golf trois années consécutives (2024, 2025, 2026), un bilan de domination absolue sur le circuit saoudien. À cela s'ajoutent ses deux Majors — l'US Open 2021 et le Masters 2023 — qui font de lui l'un des joueurs les plus titrés de sa génération.

Mais une victoire au classement interne d'un circuit dont l'avenir financier vacille, c'est une performance dans un contexte qui fragilise sa valeur symbolique. Selon plusieurs sources, Rahm pourrait envisager un retour sur le DP World Tour dès 2027, avec en ligne de mire une Ryder Cup qui lui tient particulièrement à cœur. Rien de confirmé — et l'intéressé s'est bien gardé de confirmer quoi que ce soit cette semaine à Portstewart.

L'Irish Open, un tournoi qui lui réussit

Il y a quelque chose d'un peu symbolique à voir Rahm s'exprimer avant cette édition de l'Irish Open. C'est sur ce même tournoi, en 2017 à Portstewart, qu'il avait décroché l'une de ses victoires européennes marquantes — une victoire qui avait contribué à bâtir sa réputation sur le Vieux Continent. Neuf ans plus tard, il revient dans une atmosphère radicalement différente, sur fond de questions institutionnelles qui dépassent largement le cadre du sport.

Cette semaine, l'Irish Open se jouera par ailleurs dans un contexte particulier, avec la visite annoncée du président américain Donald Trump, ce qui, comme le souligne Rory McIlroy, devrait donner à l'événement une atmosphère «différente» des éditions précédentes.

Le silence comme stratégie

Ce qui frappe chez Rahm en ce début de semaine, c'est la cohérence de son attitude. Pas d'éclat, pas de déclaration fracassante — à rebours du «C'est de l'extorsion !» qu'il avait lancé lors de tensions précédentes avec LIV. L'heure est au pragmatisme affiché, à la concentration sur le jeu. Une posture qui peut se lire de deux façons : soit une vraie sérénité, soit le calme calculé de quelqu'un qui négocie en coulisses et ne veut pas brûler les ponts.

Dans un contexte où plusieurs joueurs LIV ont déjà trouvé des arrangements avec le DP World Tour, le silence de Rahm résonne. «Le temps dira» — peut-être, mais sur les greens irlandais cette semaine, c'est d'abord son jeu qui parlera.

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