le19.golf
L'U.S. Open 2026 s'installe à Shinnecock Hills du 18 au 21 juin. Analyse technique d'un parcours qui ne pardonne rien.

Shinnecock Hills : pourquoi ce parcours est un enfer pour l'U.S. Open

L'U.S. Open 2026 s'installe à Shinnecock Hills du 18 au 21 juin. Analyse technique d'un parcours qui ne pardonne rien.

Un links dans l'âme, une brutalité bien américaine

Il y a des parcours qui impressionnent. Et puis il y a Shinnecock Hills. Niché dans les Hamptons, à Southampton sur Long Island, ce club fondé en 1891 est l'un des plus anciens des États-Unis — et sans doute l'un des plus implacables quand l'U.S. Open s'y installe. Ce qui frappe d'emblée, c'est le caractère : Shinnecock ne ressemble à aucun autre parcours américain. Ses fairways ondulants, ses rough épais qui balaient au vent, ses greens perchés et exposés aux éléments... On se croirait sur la côte écossaise, pas à deux heures de Manhattan. C'est précisément ce qui le rend si redoutable et si fascinant.

L'U.S. Open 2026 s'y tient du 18 au 21 juin, et c'est l'occasion parfaite de décortiquer ce qui fait de Shinnecock Hills un test d'une autre nature. Parce que jouer ici, ce n'est pas juste frapper des fers serrés et rentrer des putts. C'est gérer l'incertitude, négocier avec le vent, et accepter que le parcours ait souvent le dernier mot.

Le vent : l'architecte invisible de chaque tour

Avant de parler des trous, il faut parler du vent. À Shinnecock, c'est lui qui redessine le parcours à chaque heure. Un par 4 jouable par vent favorable devient un cauchemar absolu quand la brise atlantique tourne à 20 nœuds de face. Le routing — imaginé à l'origine par William Flynn et revisité au fil des décennies — est conçu pour que les trous changent de direction constamment. On ne joue jamais dans le même axe deux trous de suite, ce qui empêche tout ajustement durable. Les joueurs doivent recalibrer leur distance, leur forme de balle et leurs trajectoires à chaque départ.

C'est ce qu'on appelle un vrai test de links à l'américaine : le vent n'est pas une variable, c'est une condition fondamentale du jeu. Les professionnels qui réussissent ici sont invariablement ceux qui savent jouer des balles basses, contrôler leur trajectoire et ne pas chercher à dominer le parcours par la puissance brute.

Les greens : la où les scores s'envolent

Si le vent est l'architecte invisible, les greens sont les bourreaux officiels de Shinnecock Hills. Ils sont construits sur des plateformes naturelles, surélevés, souvent inclinés dos au joueur — ce qu'on appelle des greens qui fuient. Approcher la balle par le mauvais côté, c'est accepter un putt de dix mètres en descente sur une surface ferme et rapide. Dans ces conditions, la balle ne veut tout simplement pas s'arrêter.

Ce qui rend la situation encore plus complexe, c'est la dualité entre la sécheresse et la vitesse de stimp. Lors des éditions précédentes, l'USGA a parfois été critiquée pour avoir poussé la préparation du parcours trop loin — des greens tellement rapides et secs que certains coups joués depuis le centre du green finissaient hors du drapeau. C'est la limite entre un test difficile et un test injuste, et Shinnecock a frôlé cette ligne plus d'une fois. Pour l'édition 2026, le Figaro Golf notait que les greens seraient plus larges que lors des éditions précédentes, mais que les zones de jeu réelles resteraient très resserrées — la largeur n'est donc qu'une illusion de clémence.

Les trous qui définissent le championnat

Difficile de réduire Shinnecock à quelques trous tant le parcours est cohérent dans sa brutalité, mais certains s'imposent comme des passages obligés où les tournois se gagnent ou se perdent.

Le trou 7, un par 3 court mais exposé, est l'un de ces pièges qui semblent anodins sur le carnet de score et s'avèrent dévastateurs dans les faits. Le green est étroit, surélevé, entouré de rough profond. Par vent de travers, choisir le bon club relève autant de l'intuition que de la technique. Un bogey ici ne surprend personne.

Le trou 9, par 4, est réputé pour son approche en montée vers un green en plateau visible de toute la colline. C'est un trou où le joueur qui choisit mal sa zone de départ se retrouve avec un angle d'approche impossible. Le placement du drive est ici aussi important que la qualité du fer.

Le trou 11, par 5, est souvent cité comme l'un des plus stratégiques du parcours. Suffisamment long pour que les grands frappeurs envisagent l'eagle en deux coups, mais suffisamment piégeux pour punir l'ambition mal calculée. Le green est défendu par des bunkers profonds, et le rough épais à droite avale les balles mal engagées. C'est un trou qui révèle le tempérament d'un joueur : est-il capable de résister à l'appel du risque quand la situation ne l'impose pas ?

Enfin, le trou 18 constitue un final digne des Majors. Par 4 en légère montée vers le clubhouse historique, il offre une image iconique mais exige une précision totale. En phase finale d'un U.S. Open, avec la pression et la fatigue de quatre tours dans les jambes, ce trou a mis à genoux plus d'un prétendant.

Conseils techniques : jouer à Shinnecock comme un pro

Si vous avez la chance de fouler ces fairways un jour — que ce soit en compétition amateur ou en green fee privatif — voici ce que Shinnecock Hills exige vraiment de vous. Oubliez les trajectoires hautes et bombées. Le vent les penalise systématiquement. Travaillez plutôt des balles de trajet médium à bas, des knock-down avec vos fers moyens, des approches qui arrivent avec un angle rasant. C'est une des rares fois où un shaft plus rigide et un loft plus fermé peuvent réellement vous aider.

Sur les greens, la priorité absolue est de vous retrouver du bon côté du drapeau — en dessous de la coupe, pas au-dessus. Un putt de cinq mètres en montée est incomparablement plus gérable qu'un putt de trois mètres en descente sur ces surfaces. Anticipez les pentes lors de chaque approche, pas seulement lors du putt. Et acceptez que Shinnecock vous donnera des bogeys gratuits. Votre réponse à ces coups perdus dira tout de votre capacité à terminer le tour.

Shinnecock Hills est de ces rares endroits où le golf redevient ce qu'il était à l'origine : une négociation permanente avec le terrain et les éléments, pas une simple performance athlétique. C'est pour ça qu'on aime l'U.S. Open, et c'est pour ça qu'on aime ce parcours.

Où regarder en France

Diffusion :Canal+ SportGolf+Canal+

Horaires détaillés à venir dans le guide TV.

Programme TV golf complet →
ParRenaud

Tournoi

Partager cet article