Deux jours, un demi-point
Sur le papier, Lottie Woad et Charley Hull formaient le binôme de choc de la capitaine Anna Nordqvist. Engagées ensemble à chaque session depuis le coup d'envoi de la Solheim Cup 2026, les deux Anglaises n'ont pourtant récolté que 0,5 point en deux jours de compétition. Zéro victoire, une nulle, et le doute qui s'installe à Bernardus Golf, à 's-Hertogenbosch aux Pays-Bas.
Le chiffre est brutal pour deux joueuses qui représentent pourtant l'élite européenne. Hull, 30 ans et 9 victoires professionnelles en carrière sur LET et LPGA Tour confondues, était attendue comme un pilier de cette édition. À ses côtés, Woad, 22 ans et déjà 3 victoires professionnelles au compteur depuis son passage au rang professionnel en 2025, incarnait la relève explosive. La formule semblait logique. Les résultats, eux, ne suivent pas.
L'équilibre qui cache une frustration
La 20e édition de la Solheim Cup se retrouve donc à égalité parfaite, 8-8, à l'aube des simples de dimanche. Ce scénario est loin d'être inédit dans cette compétition biennale, mais il place l'Europe dans une position inconfortable : c'est l'équipe visiteuse qui doit s'imposer pour prendre le trophée, quand les États-Unis peuvent conserver leur titre sur un match nul.
C'est précisément là que le bilan de Woad et Hull pèse lourd dans la balance. Dans un format foursomes et four-balls où chaque demi-point compte, leur association n'a pas rendu les services espérés par Nordqvist. La capitaine suédoise a pourtant persisté dans ses choix, les alignant session après session, misant sur la complémentarité des deux Anglaises. La question qui circulait en coulisses en fin de journée de samedi est désormais publique : était-ce le bon pari ?
Kupcho relance les Américaines, les enjeux du dimanche
Si l'Europe peut nourrir des regrets sur son duo phare, les États-Unis ont eux bénéficié d'un coup de boost tardif samedi grâce à Jennifer Kupcho. Ses deux birdies décisifs ont permis à l'équipe américaine de rentabiliser la dernière session et d'arriver à cet équilibre 8-8 qui leur convient parfaitement : rappelons que les États-Unis sont tenants du titre — ou du moins partagent ce statut depuis l'édition 2023, conclue sur un match nul — et que 14,5 points sont nécessaires pour s'adjuger le trophée.
Les 12 simples de dimanche redistribuent les cartes. Woad et Hull retrouveront la compétition en format individuel, là où leur association ne pourra plus être questionnée. Hull est opposée à Minjee Khang d'après le tableau des simples publié, Woad fait face à son propre adversaire dans un calendrier de départs matinal. Pour l'une comme pour l'autre, c'est l'occasion de peser individuellement sur le score final.
Le verdict en simples
Historiquement, la Solheim Cup a livré 19 éditions dont 11 victoires américaines et 7 européennes, pour un match nul en 2023. L'Europe sait ce que représente une remontée en simples : elle l'a déjà réalisée. Mais elle sait aussi ce que coûte de partir avec ses meilleures joueuses dans le rouge. Le format individuel du dimanche rend les performances individuelles de chaque joueuse plus lisibles, mais aussi plus exposées. Woad et Hull n'auront plus d'excuse — ni de partenaire pour partager la pression.
