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Le livre qui fait de la partie en solitaire un vrai entraînement

Jouer seul rend meilleur, défend Gary Belsky dans Solo Golf

Le livre qui fait de la partie en solitaire un vrai entraînement

Gary Belsky, ancien rédacteur en chef d'ESPN The Magazine, a publié le 5 mai 2026 chez Workman « Solo Golf », un livre de 176 pages qui défend la partie jouée seul comme le meilleur laboratoire de progression pour un golfeur.

Le parcours vide comme laboratoire

Jouer seul, en France, ressemble souvent à un aveu : on n'a trouvé personne, on comble un trou dans la réservation, on s'excuse presque auprès du starter. Gary Belsky prend le contre-pied exact de cette gêne. Pour l'ancien rédacteur en chef d'ESPN The Magazine, auteur classé au palmarès du New York Times avec « On the Origins of Sports » et « Up Your Game! », la partie en solitaire n'est pas un pis-aller mais le format le plus utile pour progresser.

Son argument tient en une image que reprend le magazine GOLF en présentant l'ouvrage : une partie jouée seul transforme le parcours en laboratoire. Sans partenaires, plus personne n'attend derrière vous dans la même partie, et vous pouvez frapper plusieurs balles, essayer un autre club, tenter un coup que vous n'oseriez jamais devant témoins. Cette expérimentation, résume le magazine, fait des merveilles pour le jeu.

Trois parties, du mystique au pratique

Le livre n'est pas un manuel technique. Il s'organise en trois volets annoncés par l'éditeur : « The Mystical », des essais méditatifs sur les bénéfices mentaux inattendus du jeu en solitaire ; « The Experimental », des façons d'utiliser la partie seul comme laboratoire pour travailler des compétences précises ; et « The Practical », les bonnes pratiques et les règles de savoir-vivre du joueur seul sur un parcours. Le tout dans un format cadeau de 176 pages, largement illustré, vendu 15,99 dollars en broché.

Le fond rejoint une idée que les golfeurs connaissent sans l'appliquer : l'attention se dilue en groupe. Débarrassé des conversations et de l'attente, un golfeur devient plus réceptif à ce qu'il fait — la même logique que celle qui fait débattre de l'usage des écouteurs au practice. Et parce que personne ne compte les coups, la séance devient le bon moment pour installer un repère durable, du type exercice de la barre d'alignement, plutôt que pour chercher un score.

Sur la page de présentation de l'éditeur, la triple lauréate du LPGA Tour Christina Kim salue l'angle choisi :

Il n'est pas si fréquent qu'un auteur parvienne à apporter une perspective entièrement nouvelle sur un sujet qui existe depuis des temps immémoriaux.

En France, la carte ne comptera pas

Reste une limite très concrète, et elle est réglementaire. En France, une partie jouée réellement seul ne peut pas faire évoluer votre index : la Fédération française de golf impose, pour qu'une partie amicale soit certifiée, de « désigner un marqueur licencié, licence active, obligatoirement présent dans la partie », qui certifie ensuite la carte dans l'application. Autrement dit, le format que défend Belsky et le format qui nourrit l'index s'excluent l'un l'autre.

Trois autres conditions encadrent ces parties amicales certifiées, utiles à connaître avant de s'organiser :

  • Saisie sur Kady uniquement : la fédération précise que l'enregistrement des parties loisir certifiées se fait exclusivement sur cette application.
  • Index supérieur à 11,4 : en dessous de 11,5, seuls les scores réalisés en compétition et sur 18 trous sont pris en compte.
  • 48 heures : une carte incomplète ou non signée dans ce délai est traitée comme une carte non rendue, avec un score de pénalité.

La conclusion pratique n'est donc pas d'abandonner la partie solitaire, mais de savoir ce qu'on y vient chercher. Une sortie seul vaut pour l'expérimentation et la sensation, pas pour la comptabilité : c'est un entraînement grandeur réelle, à ranger du côté du travail de fond plutôt que des cartes rendues. Ceux qui veulent mesurer leurs progrès sous contrainte ont d'autres outils, à commencer par ces jeux de putting sous pression.

Un format qui reste marginal dans les habitudes

Le pari éditorial de Belsky est là : faire d'un usage vécu comme un défaut un choix assumé. Le golfeur francophone qui réserve un départ en semaine à 18 heures, seul, avec trois balles dans la poche et personne devant, fait déjà du « solo golf » sans le nom. Le livre lui donne un cadre, et l'autorisation d'y voir autre chose qu'une partie au rabais.

Pour ceux qui veulent entendre l'auteur défendre sa thèse en détail, l'entretien long format d'EconTalk, publié au moment de la parution, revient sur l'ensemble du propos :

Une réserve, enfin : l'ouvrage est publié en anglais, et l'éditeur ne mentionne pas d'édition dans une autre langue sur sa page de présentation. Ce qui ne change rien à l'essentiel, puisque le geste technique, lui, se passe de traduction : la prochaine partie où vous serez seul sur le départ du 1, vous saurez au moins quoi en faire.

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