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Spieth revient à Royal Birkdale en 2026 pour la 154e édition de The Open. Deux évolutions — le joueur et le parcours — qui pourraient se neutraliser ou se combiner.

Spieth et Royal Birkdale : quand deux évolutions se rejoignent

Spieth revient à Royal Birkdale en 2026 pour la 154e édition de The Open. Deux évolutions — le joueur et le parcours — qui pourraient se neutraliser ou se combiner.

Un rendez-vous neuf ans après la légende

Le 16 juillet 2026, la 154e édition de The Open Championship s'ouvrira à Royal Birkdale. Pour Jordan Spieth, ce retour sur les links de Southport est bien plus qu'un simple tournoi de plus sur le calendrier. C'est un retour sur les lieux de sa geste la plus folle, de son chef-d'œuvre golfistique — et peut-être, neuf ans plus tard, une seconde chance de marquer durablement l'histoire du Claret Jug.

En 2017, Spieth avait remporté le 146e Open Championship à Royal Birkdale dans des circonstances proprement dumbfoundantes, comme disent les Anglo-Saxons. Bataillant jusqu'au bout contre son compatriote Matt Kuchar, l'Américain, 23 ans à l'époque, avait décroché son troisième titre en Grand Chelem — après le Masters et l'US Open — dans un finish épique qui reste dans toutes les mémoires. Ce dimanche-là à Birkdale, le trou 13 en particulier était devenu l'une des séquences les plus délirantes de l'histoire du Majeur britannique.

Spieth en 2026 : un profil différent, 13 victoires au compteur

Le Spieth qui se présentera sur le premier tee de Royal Birkdale en juillet 2026 est un joueur de 32 ans, professionnel depuis 2012, fort de 13 victoires sur le PGA Tour. Mais surtout, c'est un joueur qui a traversé des zones de turbulences intenses depuis ce titre de 2017 — années de doute, de reconstruction, de retour. En 2026, il n'a pas encore enregistré de victoire sur le circuit américain. Les données de cette saison le confirment sans ambiguïté.

Ce contexte mérite d'être posé clairement : Spieth n'arrive pas à Birkdale sur une dynamique de champion dominant. Il arrive en joueur qui cherche, qui reconstruit, qui cherche à retrouver la régularité qui l'avait hissé au sommet mondial dans la deuxième moitié des années 2010. Dans ce sens, le parallèle avec le parcours lui-même est intéressant.

Royal Birkdale aussi a changé

Royal Birkdale n'est pas le même parcours qu'en 2017. Le links de Southport a évolué, comme le font tous les grands parcours entre deux éditions d'un Majeur. Le site a accueilli 10 Opens Championship dans son histoire, depuis sa première édition en 1954, ainsi que 6 Women's Opens et 2 Ryder Cups. C'est un terrain qui a vu défiler tout ce que le golf mondial compte de grands champions — de Peter Thomson à Henrik Stenson en passant par Tom Watson.

Neuf ans, c'est suffisant pour qu'un parcours soit reconfiguré, rebunkerisé, que ses rough soient redessinés, que ses greens soient repensés. Les conditions de jeu en juillet 2026 ne seront pas celles de juillet 2017. Pour certains, ce sera un désavantage — les repères du passé ne servent à rien si le terrain a changé. Pour d'autres, et c'est l'argument que l'on peut défendre pour Spieth, cela remet les compteurs à zéro et efface l'avantage d'adversaires qui auraient pu mieux mémoriser le parcours tel qu'il était.

L'argument du parcours comme facteur d'équilibre

Il y a une logique dans l'idée que la double évolution — joueur et parcours — pourrait paradoxalement profiter à Spieth. Un links britannique demande un type de jeu très particulier : trajectoires basses, gestion du vent, jeu de petits jeux autour des greens, sang-froid dans l'adversité. Ce sont précisément des qualités que Spieth a démontré à Birkdale en 2017, et qui font partie de l'ADN de son jeu depuis ses débuts.

Le palmarès des récents Open Championships rappelle la diversité des profils gagnants : Xander Schauffele en 2024, Brian Harman en 2022-2023, Cameron Smith en 2021-2022, Collin Morikawa en 2020-2021. Le Majeur britannique ne se joue pas sur la même logique que les autres — et c'est précisément là que réside l'intérêt d'un Spieth, qui a toujours semblé à l'aise avec l'incertitude et la créativité que demande un links.

Une semaine à surveiller, sans certitude

Écrire que Spieth va gagner à Royal Birkdale serait prématuré et intellectuellement malhonnête. Sans victoire en 2026 sur le PGA Tour, sans données de forme récente permettant d'affirmer qu'il est redevenu l'un des meilleurs joueurs du monde, il serait aventureux de le placer parmi les grands favoris. La concurrence sera féroce, à commencer par Scottie Scheffler, tenant du titre 2025 selon les données disponibles.

Mais le contexte de ce retour à Birkdale mérite d'être analysé avec nuance. Spieth a montré par le passé — et notamment dans les Majeurs — une capacité à élever son niveau dans les grandes occasions. Ses trois victoires en Grand Chelem, dont justement cet Open 2017 sur ce même parcours, en témoignent. Si quelque chose dans le caractère du links de Southport peut réveiller quelque chose chez lui, cette 154e édition représente l'occasion idéale. Rendez-vous le 16 juillet pour voir si la magie peut opérer deux fois au même endroit.

ParSébastien

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