La 154e édition, un retour à Birkdale chargé d'histoire
Royal Birkdale accueille cette année la 154e édition de The Open Championship, et c'est la onzième fois que ce parcours de Southport, sur la côte du Merseyside, reçoit le plus ancien Major du monde. C'est un chiffre qui dit beaucoup sur la relation entre ce links et The Open : peu de clubs peuvent se targuer d'une telle fidélité de la part des organisateurs du R&A. Pour un passionné de chiffres comme moi, c'est d'emblée un marqueur fort.
Le clubhouse Art déco emblématique de Royal Birkdale reste l'une des images les plus reconnaissables du golf mondial. Cette édition 2026 s'inscrit donc dans une longue tradition, mais elle vient aussi avec son lot de nouveautés — sur le parcours et en dehors — qu'il est essentiel de connaître avant de suivre la semaine.
Les changements sur le parcours à anticiper
Royal Birkdale a fait l'objet de modifications notables en vue de cette édition 2026. Le parcours, déjà réputé pour ses dunes imposantes, ses fairways vallonnés et ses rough particulièrement punitifs, a été retravaillé pour répondre aux exigences d'un Major moderne. Les aménagements récents ont fait l'objet de reportages spécialisés, et plusieurs observateurs ayant eu l'occasion de jouer le setup préparé pour The Open ont souligné l'ampleur des transformations apportées, notamment dans la gestion des zones de rough et l'orientation de certains trous.
Un links de cette stature impose toujours ses conditions propres : le vent de la mer d'Irlande reste la variable numéro un, celle qui peut redistribuer les cartes en quelques heures. Les joueurs qui arrivent en ayant préparé spécifiquement le jeu en links — trajectoires basses, gestion du rebond, putting sur des greens fermes et rapides — partiront avec un avantage structurel sur ceux qui débarquent directement d'un calendrier PGA Tour sur des parkland courses.
Les nouvelles formules et événements autour du tournoi
Au-delà des 72 trous de compétition principale, cette édition de The Open à Royal Birkdale propose plusieurs innovations en marge du tournoi. Selon les informations relayées par Sky Sports Golf, des événements bonus et de nouvelles formules d'animation ont été intégrées au programme de la semaine, enrichissant l'expérience pour les spectateurs présents à Southport comme pour ceux qui suivent à distance.
C'est une tendance lourde dans les Majors depuis quelques années : le tournoi ne se résume plus aux seules quatre journées de compétition. Le R&A, à l'image de ce que font Augusta National ou l'USGA, cherche à faire de la semaine de The Open un événement global, avec des contenus et des formats complémentaires qui élargissent l'audience bien au-delà des fans de golf traditionnels.
Le contexte compétitif : qui arrive en forme ?
Sur le plan purement compétitif, la semaine précédant The Open a livré des enseignements intéressants. Du côté du Genesis Scottish Open, le classement final indique que T. Kim a dominé l'épreuve avec un score de -17, devant M. Lee (-15) et K. Nakajima (-13). Ces performances sur links écossais constituent évidemment un indicateur de forme précieux à 72 heures du coup d'envoi de Birkdale.
Rory McIlroy, lui, a terminé le Scottish Open sur une note positive avec un dernier tour solide, mais a lui-même reconnu publiquement des lacunes dans son jeu qu'il souhaite corriger avant d'attaquer Royal Birkdale. Une déclaration rare dans sa franchise, qui montre que même les prétendants naturels au titre arrivent rarement à 100% dans un Major. De son côté, Scottie Scheffler — numéro un mondial et champion en titre de The Open 2025 selon les données disponibles — a manqué le cut au Scottish Open, ce qui alimente forcément les débats sur sa forme du moment et son état d'esprit pour Birkdale.
Enfin, l'histoire de Johnny Keefer mérite d'être mentionnée : ce joueur professionnel a fait le pari de traverser l'Atlantique pour disputer le Scottish Open, et ce choix lui a permis de se qualifier pour The Open. Un exemple parfait de ce que le circuit international peut produire : des trajectoires inattendues, des qualifications arrachées au dernier moment, qui donnent à ce Major sa dimension humaine au-delà des superstars.
Royal Birkdale dans le grand livre de l'histoire du golf
Pour resituer l'enjeu historique de cette semaine : The Open Championship existe depuis 1860, ce qui en fait le plus ancien tournoi de golf professionnel au monde. Le record de victoires dans l'épreuve est détenu par Harry Vardon avec 6 titres (1896, 1898, 1899, 1903, 1911, 1914), et Young Tom Morris reste le seul joueur à avoir remporté 4 éditions consécutives (1868, 1869, 1870, 1872). À l'échelle française, le souvenir d'Arnaud Massy demeure unique : il reste le seul vainqueur français de The Open, sacré en 1907, et le premier non-Britannique à soulever le Claret Jug.
À chaque édition à Royal Birkdale, on joue donc sur un terrain de légende, dans un tournoi qui transcende les générations. Que vous suiviez l'épreuve sur place à Southport ou depuis votre canapé, cette 154e édition s'annonce riche en enjeux — sportifs, tactiques et historiques. Les prochains jours nous diront qui est capable de dompter les dunes du Merseyside.
