Deuxième de l'Open d'Espagne dimanche à Madrid, Victor Perez a joué ses chips, ses sorties de bunker et ses approches jusqu'à 70 mètres avec un grip inversé.
Main gauche basse, jusqu'à 70 mètres
Autour des greens madrilènes, Victor Perez a posé la main gauche sous la main droite. Le geste n'était pas tout à fait nouveau : le Tarbais avait déjà été vu chipper de cette façon lors de l'Open de France. La nouveauté, relevée par Golf Planète, tient à l'étendue de son usage. Perez s'en est aussi servi dans les bunkers et sur tous les coups de 70 mètres et moins.
C'est cette distance qui intrigue. Le grip inversé s'est fait une place sur les circuits professionnels pour les petits coups autour du green, mais au-delà de 50 mètres, Perez fait figure d'exception, selon le site spécialisé. Le résultat plaide pour lui : à Madrid, il a fini à -13, à égalité avec Eugenio Chacarra, un coup derrière Grant Forrest, vainqueur sur un birdie au 18.
Et notre CHAMPION est... 🏆 @grantforrest93 remporte l'Open de España 2026 présenté par Madrid. 🔝 L'Écossais a terminé à -14 lors du dimanche le plus palpitant de la décennie pour le tournoi, devant Eugenio Chacarra (-13) et Victor Perez (-13). #OpenEspana
Cette deuxième place vient après un début d'automne plus discret : un cut manqué à l'Open de France, puis une 30e place à l'Alfred Dunhill Links Championship.
Ce que change le grip inversé
Pour un droitier, le principe est simple : la main gauche passe sous la droite sur le manche. Les mains se retrouvent bridées et le corps prend le relais. Pour Golf Planète, la prise limite les interventions parasites des mains, au prix d'un peu de puissance, et elle a aidé plus d'un joueur à se débarrasser des yips, ces crispations qui ruinent le petit jeu.
Parker McLachlin, ancien joueur du PGA Tour devenu spécialiste du petit jeu, décrit le même mécanisme dans un entretien à Golf.com : plus de stabilité à l'impact, des poignets moins actifs, moins de coups grattés ou mal frappés.
« Avec un grip croisé, on ne peut pas trop faire intervenir ces petits muscles. »
— Parker McLachlin, à Golf.com
Fitzpatrick et Pavon, les modèles
Le joueur qui a rendu la technique célèbre s'appelle Matthew Fitzpatrick. Le vainqueur de l'US Open 2022 chippe main gauche basse depuis des années et ne s'en cache pas. Dans un message publié sur les réseaux sociaux, il s'en est expliqué sans détour : « La principale raison, c'est que je chippe tout simplement mieux. » Il prévenait aussi les curieux : les premiers essais finiront presque à coup sûr en socket.
Matt Fitzpatrick, l'expert du chip à mains croisées 🍟
Côté français, Matthieu Pavon est passé par là avant Perez. Selon Golf.com, le vainqueur du Farmers Insurance Open a traversé une période de yips au chipping, au point d'envisager d'arrêter, avant d'adopter la méthode de Fitzpatrick. Perez ne fait donc que prolonger une tendance, mais en la poussant plus loin que ses prédécesseurs.
Faut-il l'essayer ?
La technique gagne tous les niveaux, amateurs compris. McLachlin conseille de commencer petit : un fer 9 et des chips qui volent 3 à 5 yards, soit 3 à 4,5 mètres, avant de rouler. Le principal écueil a été pointé par David Nickson, professionnel au Royal Ascot Golf Club, auprès de GolfMagic : avec les mains croisées, il devient plus difficile de les garder devant la balle à l'impact.
Avant de bouleverser sa prise, l'amateur peut aussi revoir ses choix de coups, à commencer par le coup roulé à l'hybride plutôt que le chip au wedge, et explorer nos autres conseils de technique. Mais si le petit jeu se dérègle, l'exemple de Perez, de Fitzpatrick et de Pavon montre que changer de main peut suffire à retrouver la confiance.

