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Steep delivery, feeling créatif, vitesse élevée : Fox, Lowry et Echavarria illustrent pourquoi le choix d'un wedge est avant tout une affaire de swing.

Wedges de pros : Fox, Lowry et Echavarria nous livrent leurs secrets

Steep delivery, feeling créatif, vitesse élevée : Fox, Lowry et Echavarria illustrent pourquoi le choix d'un wedge est avant tout une affaire de swing.

Le wedge, c'est personnel avant d'être technique

On parle souvent du driver, du fer 7, parfois du putter — mais le wedge reste l'arme la plus individuelle du sac. C'est l'outil qui finit les trous, qui sauve les pars, qui construit les birdies. Et contrairement à ce qu'on pourrait croire en regardant les catalogues équipementiers, il n'existe pas de configuration universelle. Trois pros aux styles radicalement différents — Ryan Fox, Shane Lowry et Nico Echavarria — l'illustrent parfaitement. Leurs choix de wedges en disent autant sur leur swing que sur le sol qu'ils foulent.

Ce qui est fascinant avec ces trois joueurs, c'est qu'ils représentent trois philosophies distinctes. Fox est le frappeur steep, qui pique la balle de haut. Lowry est le joueur de feeling, qui joue beaucoup au toucher autour des greens. Echavarria, lui, est un profil plus athlétique, avec une vitesse de swing élevée qui impose des contraintes bien précises sur la sélection du sole grind. Décortiquons ça.

Ryan Fox : l'angle d'attaque steep dicte tout

Ryan Fox a remporté l'Open Championship 2026 — son premier Major — et ce titre couronne une saison où il a fait parler son jeu de wedge dans les rough épais et les bunkers côtiers de Royal Birkdale. Mais ce qui est moins visible à l'écran, c'est à quel point la configuration de ses wedges est taillée sur mesure pour un seul paramètre : son angle d'attaque particulièrement steep.

Un swing steep, c'est une descente très verticale sur la balle. Le club arrive de haut, dévot un divot profond devant la balle, et repart vite. Ce type de delivery est redoutable pour le contrôle de la distance et du spin — mais il est impitoyable avec un sole trop large ou un bounce trop généreux. Si le leading edge entre dans le sol trop tôt, on fat la balle. Si le sole rebondit sur le gazon, on la thin. Fox a donc besoin d'un grind de sole étroit, avec un bounce effectif modéré à faible, qui permette au leading edge de mordre proprement sans que le sol ne résiste à l'entrée du club.

C'est là qu'intervient le concept de grind RTZ (ou tout autre grind à sole réduite, selon les équipementiers) : il s'agit d'enlever de la matière à l'arrière du sole, souvent aussi sur les coins, pour laisser le club travailler face ouverte sans que le bounce ne s'emballe. Pour un joueur comme Fox, ce détail n'est pas une option — c'est une nécessité mécanique. Un wedge mal configuré pour son swing, et les 40 premiers mètres deviennent une loterie.

Shane Lowry : le feeling d'abord, la technique ensuite

Shane Lowry est un golfeur de sensation. Il joue le short game à l'instinct, avec une grande variété de trajectoires et de hauteurs. Sa saison 2026 a été marquée par des moments de très haute intensité — on se souvient du final douloureux du Cognizant Classic, où deux doubles bogeys tardifs lui ont coûté la victoire au profit d'Echavarria — mais son wedge game reste l'un des plus créatifs du circuit.

Pour un joueur qui aime ouvrir la face, jouer des flops, sortir des billes de configurations improbables, le bounce effectif doit être plus généreux. Quand on ouvre la face d'un wedge, on augmente le bounce de facto — si vous partez avec un bounce faible, vous vous retrouvez avec rien du tout face ouverte, et le leading edge s'enfonce dans le sol. Lowry a donc probablement recours à des grinds avec un bounce plus élevé sur ses wedges de lob ou de sand, et un sole plus large pour autoriser la créativité.

L'autre variable importante pour un joueur de son calibre, c'est le lie angle. Un joueur au swing plus posé, qui couvre bien la balle, joue souvent avec des lofts ajustés sur la lame pour s'assurer que le bounce travaille à plat sur le sol — et pas en drapeau ou en pointe. Ce genre de réglage fin se fait au lie board, mais aussi à l'œil, sur des centaines de coups d'entraînement.

Nico Echavarria : la vitesse impose sa loi

Nico Echavarria est aujourd'hui l'un des joueurs les plus en vue du circuit, avec une victoire au Cognizant Classic 2026 arrachée dans le drama total, et un ranking OWGR qui pointe au 7e rang mondial. C'est un athlète puissant, avec une vitesse de swing qui dépasse la moyenne du Tour sur les coups complets — et cette vitesse a des implications directes sur le choix des wedges.

Quand on tape fort, même avec un wedge de 58°, on génère beaucoup de spin. Trop de spin sur certaines conditions de balle (balle humide, rough épais) peut devenir un problème — la balle « flotte » et perd en prévisibilité. Echavarria doit donc travailler sur des rainures optimisées pour le spin dans des conditions variées, et choisir des lofts de gaps précis pour éviter les trous dans ses distances de wedge (typiquement entre 80 et 140 mètres).

La notion de gapping est cruciale pour un joueur de son niveau. L'idéal, c'est d'avoir des paliers de 10 à 15 mètres entre chaque wedge de plein swing. Si son pitching wedge couvre 145 mètres, son gap wedge 130, son sand wedge 115 et son lob wedge 100 — alors le reste, c'est une question de grip et de longueur de swing. Mais si deux wedges se marchent dessus à 5 mètres près, il y a un trou quelque part, et ce trou finit par coûter des coups.

Ce que ces trois exemples nous apprennent pour notre propre jeu

La leçon centrale de ces trois profils, c'est que le choix d'un wedge ne commence pas dans un catalogue — il commence devant un miroir ou sur un launch monitor. La première question à se poser n'est pas « quel loft ? » mais « quel est mon angle d'attaque ? » Un swing steep (divot profond, ball-first) privilégiera un bounce faible et un grind narrow. Un swing shallow (divot léger ou quasi inexistant) aura besoin d'un bounce plus fort pour ne pas piocher. Et un joueur qui aime jouer face ouverte devra impérativement opter pour un grind permissif.

Ensuite vient le contexte : les conditions dans lesquelles vous jouez le plus souvent. Des fairways fermes et secs de l'été ? Bounce réduit, sole fine. Des greens grasses et des rough drus ? Un peu plus de bounce pour absorber les impacts. Les pros ont l'avantage de pouvoir configurer leurs wedges tournoi par tournoi selon les greenkeepeings — nous, amateurs, on joue souvent sur des parcours variés, donc un choix intermédiaire et polyvalent est souvent plus sage.

Enfin, le détail que presque personne ne regarde : l'usure des rainures. Après 75 à 100 tours de jeu intense, les rainures d'un wedge perdent une partie de leur capacité à générer du spin sur une balle mouillée. Les pros changent leurs wedges régulièrement — bien plus souvent que leurs fers. Pour nous, joueurs du dimanche ou du mercredi, vérifier l'état de ses rainures une fois par saison devrait être un réflexe. Un wedge usé, c'est souvent des balles qui partent « grasses » sans que l'on comprenne pourquoi.

En résumé : personnalisation avant tout

Fox, Lowry, Echavarria — trois styles, trois swings, trois configurations distinctes. Ce qu'ils ont en commun, c'est d'avoir pris le temps de comprendre pourquoi telle configuration leur correspond, et pas seulement de suivre les recommendations par défaut de leur équipementier. C'est exactement cette démarche qu'on devrait tous appliquer. La prochaine fois que vous pensez à changer vos wedges, commencez par analyser votre swing. Le reste découlera naturellement.

ParRenaud
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