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Pro depuis 2008, le Médocain met sa carrière en pause pour caddeyer Pavon.

Xavier Poncelet, l'ami d'enfance qui porte désormais le sac de Matthieu Pavon

Pro depuis 2008, le Médocain met sa carrière en pause pour caddeyer Pavon.

Ancien professionnel formé au Golf du Médoc, Xavier Poncelet a mis sa carrière de joueur entre parenthèses pour devenir, depuis cet été, le caddie à plein temps de son ami d'enfance Matthieu Pavon.

Un coup de fil, un « Bingo ! » et un sac sur l'épaule

L'appel est arrivé pendant l'été. Matthieu Pavon devait disputer cinq tournois du DP World Tour pour conserver son statut de membre et rester éligible aux points de la Ryder Cup, et son caddie habituel, Mark Sherwood, était en vacances pendant les étapes écossaise et anglaise. Il fallait un remplaçant pour deux semaines. Xavier Poncelet n'a pas hésité : « Bingo ! », a-t-il répondu, raconte-t-il dans un long entretien accordé à la Fédération française de golf.

Le dépannage s'est transformé en contrat. Après l'Écosse, Pavon et Sherwood ont mis fin à leur collaboration, et Pavon a rappelé son ami pour l'Open de France. Depuis, Poncelet ne lâche plus le sac, et il compte le porter jusqu'à la fin de la FedEx Cup Fall.

Vingt-cinq ans d'amitié au Médoc

Les deux hommes se connaissent depuis le club de leur enfance. Pavon est arrivé au Golf du Médoc vers l'âge de huit ans ; Poncelet, qui fête ses 41 ans ce samedi, en avait alors seize. Il parle aujourd'hui de Pavon comme de quelqu'un qu'il considère « comme mon petit frère ».

Les rôles se sont déjà inversés par le passé. En 2011, c'est le jeune Matthieu, pas encore professionnel, qui portait le sac de son aîné aux Cartes européennes, jusqu'à une qualification pour les PQ3, le dernier stade des épreuves. En 2018, Poncelet avait rendu la pareille à Leopard Creek et à Johannesburg. Il avait aussi déjà accompagné Grégory Havret à Sun City et Julien Quesne à Maurice.

Un podium à la maison, et des larmes au vestiaire

Le duo n'a pas tardé à frapper. Au Golf National, Pavon a signé un dernier tour à 7 sous le par pour finir troisième ex æquo à 15 sous le par, derrière Matt Fitzpatrick et Angel Hidalgo, à égalité notamment avec Tom Vaillant (notre récit de cette finale). Poncelet parle d'un podium « fabuleux » et d'une ovation du public au 18 qu'il qualifie d'« extraordinaire ». Il confie avoir pensé à son père disparu, qui aurait été fier, et avoir pleuré au vestiaire.

La semaine suivante, il découvrait le PGA Tour au Bank of Utah Championship. Ce qui l'a frappé : la densité du plateau, jugée « impressionnante », et un service aux joueurs « multiplié par deux ou trois » par rapport au circuit européen.

Cinquante secondes à 100 %

Sur le parcours, Poncelet se voit en technicien. Tout est calé à l'avance avec Pavon : routine, échauffement, positions de drapeaux, zones de visée. Son objectif tient en une formule : garder son joueur « à 100 % pendant ces cinquante secondes » que dure chaque coup. Certaines observations, il les garde pour lui, « parce que ce n'est pas mon rôle », et il passe par le préparateur mental Mathieu David pour ajuster la façon de les transmettre.

Il illustre la méthode par un épisode de l'Utah. Au 9 du troisième tour, Pavon expédie un drive énorme qui accroche la lèvre d'un bunker et ne peut avancer que de 60 mètres. Pour Poncelet, la clé a été de reprendre le processus à zéro sur le coup suivant, pour évacuer la frustration.

« Le mieux pour le joueur, c'est d'être bon dans la tâche qui nous est attribuée. » — Xavier Poncelet, à ffgolf

Un tournant assumé

Mettre en pause une carrière entamée en 2008, après 17 saisons sur les circuits, n'a rien d'un renoncement à ses yeux. « Il faut aussi gagner sa vie à 40 ans et ce n'est pas sur l'Alps Tour que je peux le faire », explique-t-il, avant de se comparer à un footballeur de troisième division qui intégrerait l'encadrement d'une équipe de Ligue des champions. Son bilan, pour l'instant : « Honnêtement, aujourd'hui je me régale. »

La suite se joue en Amérique, avec les Bermudes, le Mexique, Los Cabos, Austin et Sea Island au programme d'automne, alors que Pavon n'a pas encore sécurisé sa carte du PGA Tour pour la saison prochaine. Les objectifs chiffrés ? « Honnêtement, on n'en parle pas du tout », assure le caddie. Le prochain rendez-vous, le Butterfield Bermuda Championship, se tient du 22 au 25 octobre, à suivre sur Canal+ Sport et Golf+. Retrouvez tous nos sujets sur les Français du golf.

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