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Trois secondes de retard, des blancs : les débuts ratés du commentateur IA

Duff Foreman, commentateur IA, éreinté à ses débuts : son créateur ne cède rien

Trois secondes de retard, des blancs : les débuts ratés du commentateur IA

Duff Foreman, agent conversationnel présenté par ses concepteurs comme le premier commentateur de golf généré par intelligence artificielle, a pris place dans la cabine du New Mexico Open du 14 au 16 septembre, au Turtleback Mountain Golf & Resort d'Elephant Butte, au Nouveau-Mexique.

Trois secondes de retard, et des blancs à n'en plus finir

Le procès-verbal des débuts de Duff Foreman tient en quelques symptômes, tous relevés par Golf.com : un délai de trois secondes avant chacune de ses réponses, des blancs si gênants que la régie coupait sur une image de jeu pour les couvrir, et au moins deux passages où la machine a parlé par-dessus ses partenaires de cabine. Le plus embarrassant reste l'épisode météo, où c'est le consultant humain qui a dû recadrer la machine à l'antenne, en direct.

Duff n'est manifestement pas au courant qu'il a plu la nuit dernière. Mais dans des conditions normales, oui, Duff a raison.

— Notah Begay III, à l'antenne

Le rattrapage venait donc des humains. Ryan Burr, voix chevronnée passée par Golf Channel, et Notah Begay III, ancien joueur du PGA Tour devenu consultant pour NBC, ont encadré l'invité artificiel pendant trois jours — Begay faisant l'aller-retour entre le parcours, où il figurait parmi les joueurs engagés, et le micro. L'épreuve, organisée par la Sun Country Section de la PGA of America, réunissait trois anciens vainqueurs du PGA Tour : Begay, Matt Every et Sean O'Hair. Elle était diffusée en direct sur la chaîne YouTube officielle du circuit.

Une réception glaciale

La sanction du public et des confrères a été immédiate. Dans Sports Illustrated, Andy Nesbitt résume l'expérience d'une formule assassine : « Si vous aimez les silences gênants avant de vous faire hurler dessus par un type généré par IA avec un mauvais accent écossais, vous allez adorer. » Il ajoute que les séquences avec Duff lui ont donné « envie de se coucher dans un coin et de pleurer jusqu'au dîner ». Le journaliste Dan Rapaport, lui, s'est contenté de trois mots et trois points d'interrogation : « La question est simplement : pourquoi ??? »

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Voici « Duff Foreman », une création IA de @GopherHole et le signe que l'Apocalypse est sur nous.

L'accent, justement, a cristallisé les moqueries : Golf.com le qualifie d'« écossais, ou presque », Lusetich d'accent écossais bâclé. De quoi alimenter l'un des meilleurs fils de l'actualité golf décalée de la rentrée.

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🇫🇷traduction du tweet

Les commentateurs de golf : « Jamais une IA ne pourrait faire notre boulot ! » Le Nouveau-Mexique : « Tiens-moi ma bière. » Duff Foreman : « Bonjour, connaissances. »

« Personne ne réclamait l'automobile »

Face à la charge, le créateur ne bat pas en retraite. Duff Foreman est né chez Gopher Hole Productions, une société de médias numériques installée à Westport, dans le Massachusetts. Son directeur général, Paul Sidlo, travaille depuis environ six mois à façonner l'agent. Sa réponse aux critiques tient dans une analogie :

Ma réponse, c'est qu'à l'époque des calèches, personne ne réclamait l'automobile. Là, c'est une voiture qui peut vous emmener là où aucune calèche n'irait.

— Paul Sidlo, directeur général de Gopher Hole Productions

Pour Sidlo, l'agent n'a jamais eu vocation à remplacer les humains, mais à les compléter, sur un registre que la cabine ne couvre pas. « Ce n'est pas le même genre de type porté sur l'émotion que Notah, explique-t-il. Mais il fournit les données et les analyses en direct, il peut observer et retenir des choses que la plupart des gens ne pourraient jamais relier en une fraction de seconde. » Il résume la promesse d'une formule : « Duff a le sixième sens de la mémoire. »

L'argument n'est pas absurde dans un sport où la donnée a déjà pris le pouvoir, du moindre réglage de shaft mesuré au launch monitor aux modèles statistiques qui servent à disséquer ce qui fait vraiment la force d'un joueur. Sidlo y voit « une démocratisation de l'information sur un jeu très complexe, dont on peut désormais apprendre ».

Caddie virtuel et simulateurs : la suite est déjà écrite

Gopher Hole ne s'arrête pas à la cabine de commentaires. Patrick Pharris, investisseur de la société, imagine Duff en caddie virtuel ou en professeur de swing pour le golfeur du dimanche, voire intégré aux simulateurs. Autrement dit, le boîtier qui vous explique pourquoi votre coup part à droite plutôt que la voix qui commente le dernier putt. « Nous pensons que ce n'est qu'un début », prévient Sidlo.

Reste la question que personne, chez Gopher Hole, n'a encore tranchée : ce qu'on vient chercher dans une retransmission de golf. Les données, ou quelqu'un qui s'étrangle quand la balle rentre ? Les meilleurs moments de télévision du golf naissent rarement d'un calcul — plutôt d'un commentateur qui voit avant tout le monde ce qui est en train de se passer. Sur ce terrain-là, Duff Foreman a encore trois secondes de retard.

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