Mercredi, devant le tribunal des faillites du New Jersey, l'avocat du LIV Golf a annoncé que l'avenir de la ligue serait fixé d'ici la fin octobre, tandis que le juge validait l'accord de reprise avec BC Partners et la rupture des contrats de 19 joueurs.
Le LIV saura avant novembre s'il survit
La question est venue du juge lui-même. Michael B. Kaplan, qui conduit la procédure de faillite du LIV Golf, a demandé à quel moment la ligue saurait si elle se dirigeait vers une liquidation ou si son « 2.0 » verrait le jour. Robert Fitzgerald, avocat du circuit au cabinet Gibson Dunn, a répondu que la décision tomberait d'ici la fin du mois, selon Golf.com.
Dans la foulée, le juge a approuvé l'accord de soutien à la restructuration conclu avec le fonds BC Partners. Une étape importante, a-t-il souligné, mais qui ne vaut pas encore validation d'un plan de sortie de crise. Le magistrat y voit d'abord un moyen d'identifier les voies viables pour la société, qui a perdu le financement du fonds souverain saoudien PIF.
Les contrats de 19 joueurs rompus
Autre décision lourde de sens : Kaplan a accepté la demande du LIV de rejeter les contrats actuels de 19 golfeurs, parmi lesquels Bryson DeChambeau et Dustin Johnson. La ligue fait valoir que ces engagements ne correspondent plus au modèle de rémunération prévu pour sa nouvelle formule. À la place, le LIV 2.0 promet aux joueurs des parts du capital et des primes à la signature.
Les chiffres clés
- 300 millions de dollars : le financement cumulé prévu par BC Partners pour relancer la ligue
- 52,5 % : la part du capital promise aux joueurs, contre 45 % pour BC Partners et les autres investisseurs et 2,5 % pour la direction
- 20 octobre : la prochaine audience
- 25 octobre : la date limite pour que les joueurs s'engagent, que BC Partners peut lever
Cette date limite a déjà glissé une fois. Elle était fixée au 13 octobre avant un avenant à l'accord, comme l'a relevé David Rumsey, qui suit le dossier.
Dans le cadre de cet accord de soutien à la restructuration amendé, BC Partners a repoussé de près de deux semaines la date limite de signature des joueurs avec le LIV 2.0, du 13 au 25 octobre.
Tout dépendra du nombre de signatures. L'accord exige un nombre suffisant de joueurs pour garantir que le LIV reste une véritable ligue de golf, et c'est BC Partners qui jugera si les engagements, et les noms, sont au rendez-vous.
Le DP World Tour accusé d'ingérence
L'audience a aussi tourné au règlement de comptes avec le circuit européen. Lundi, son directeur général Guy Kinnings avait annoncé à BBC Sport que les joueurs du LIV 2.0 seraient privés de ses tournois, une règle détaillée dans notre article sur la porte fermée du DP World Tour en 2027. Le juge Kaplan a reconnu avoir entendu ces propos, qui selon lui « soulèvent des inquiétudes ».
Robert Fitzgerald est allé beaucoup plus loin. Pour l'avocat, le LIV est « très inquiet » de cette position, dont le moment choisi trahit à ses yeux une volonté de peser sur ses discussions avec les joueurs.
« Le calendrier, en particulier, nous apparaît comme une tentative claire d'interférer dans notre processus avec nos joueurs. » — Robert Fitzgerald, avocat du LIV Golf, cité par Golf.com
Il y voit les mêmes problèmes de concurrence que la ligue dénonce depuis sa création, et rappelle que la liberté des joueurs reste, selon lui, la raison d'être du LIV comme le socle de sa future version. Jusqu'ici, Jon Rahm et Tyrrell Hatton bénéficiaient de dérogations conditionnelles leur permettant de jouer sur les deux circuits sans perdre leur éligibilité pour la Ryder Cup. Ce régime prendra fin en 2027 si le LIV 2.0 voit le jour.
Une ligue qui se vide
Le décor se dégrade de semaine en semaine. Lors de la précédente audience, l'avocat de Rahm avait fait savoir que l'Espagnol ne rejoindrait pas la nouvelle formule, jugeant les conditions inacceptables, comme nous l'avions raconté dans notre article sur son départ.
L'avocat de Jon Rahm a confirmé mercredi devant un tribunal des faillites américain ce que tout le monde attendait : Rahm « ne participera pas » à la future entité restructurée du LIV Golf, présentée comme le LIV Golf 2.0. Lors de la deuxième audience de la procédure de faillite du LIV Golf…
David Puig, Abraham Ancer et Adrian Meronk ont eux aussi pris la porte de sortie ces derniers jours, selon Golf.com.
Perez et Detry face au compte à rebours
Côté francophone, le calendrier pèse sur deux joueurs.Victor Perez s'est donné quinze jours pour choisir entre le LIV et le circuit européen, et le Belge Thomas Detry, qui jouait jusqu'ici sur les deux tableaux par dérogation, se retrouve devant le même dilemme. Avec une décision sur l'avenir du LIV attendue d'ici la fin du mois et une date limite fixée au 25 octobre, ils devront peut-être trancher avant même de savoir si la ligue existera encore en 2027.


