David Armitage, classé parmi les Top 100 Teachers du magazine GOLF, revendique neuf distances différentes depuis les bunkers de green avec un seul et même swing.
Trois wedges, trois ouvertures, neuf longueurs
Armitage descend dans un bunker de green avec trois wedges — gap, sand et lob — et joue chacun d'eux selon trois réglages de face : carrée, « à une heure », « à deux heures ». L'image est celle d'un cadran de montre, qui gradue l'ouverture au lieu de la laisser à l'instinct du moment. Trois clubs multipliés par trois positions, cela fait neuf longueurs disponibles, et toutes se frappent avec le même mouvement.
« Tout ce que vous avez à faire, c'est changer votre choix de club et la position de la face à l'adresse. »
— David Armitage
L'intérêt de la méthode est autant mental que technique. L'amateur qui veut raccourcir ou allonger une sortie de bunker touche d'instinct à son geste : il accélère, il freine, il réduit son amplitude — et il abîme du même coup le seul mouvement qu'il avait fini par apprivoiser. Armitage déplace la variable ailleurs : le swing reste identique, le réglage se fait avant de bouger.
Pourquoi le club et la face suffisent
Kellie Stenzel, également Top 100 Teacher du magazine GOLF, a recensé cinq leviers de distance au bunker. Les deux premiers sont exactement ceux d'Armitage. Le premier est le loft : plus le club est lofté, plus la balle part haut et s'arrête court. L'échelle qu'elle décrit est sans surprise — le lob wedge donne la trajectoire la plus haute et la distance la plus courte, le sand wedge vole un peu plus bas et un peu plus loin, le gap wedge part encore plus bas et plus loin, souvent avec du roulement après l'atterrissage.
Le second levier est l'ouverture de la face, et c'est lui qui fait tourner la matrice. Ouvrir la face ajoute du loft et du bounce : la balle monte plus haut et retombe plus court. Chaque cran d'ouverture transforme donc un wedge en un club légèrement plus court, et un sand wedge ouvert « à deux heures » ne joue plus la même longueur que le même sand wedge face carrée. C'est aussi la raison pour laquelle le bounce de ses wedges mérite autant d'attention que leur loft.
Les trois autres leviers recensés par Stenzel — le rythme du swing, le plan de montée, le relâché — fonctionnent eux aussi, mais chacun impose de modifier le geste. C'est précisément ce que la méthode d'Armitage permet d'éviter.
Comment installer les neuf cases
Rien n'oblige à découvrir ces neuf longueurs un dimanche de compétition. La matrice s'installe dans un bunker d'entraînement, et une séance suffit à en dessiner les contours :
- Définir la sortie de référence : sand wedge, face carrée, un seul swing, toujours le même. C'est la case centrale.
- Repérer où la balle s'arrête, en pas plutôt qu'en yards : l'objectif est un classement de longueurs, pas une table de distances.
- Rejouer le même swing avec la face « à une heure », puis « à deux heures », et noter chaque fois le raccourcissement obtenu.
- Reprendre les trois ouvertures avec le gap wedge, puis avec le lob wedge.
- Sur le parcours, ne plus choisir un swing mais une case : un club, une ouverture.
Les erreurs courantes
- Frapper plus fort au lieu de changer de club. C'est le réflexe qui ruine les bunkers longs. Trois enseignants américains l'avaient déjà rappelé dans nos colonnes : sur une sortie longue, il faut descendre en loft plutôt que forcer.
- Vouloir fabriquer l'effet. Armitage souligne que les joueurs du circuit ne créent pas toujours eux-mêmes l'effet sur ces coups : le sable est parfois responsable de la réaction de la balle. Pour le golfeur ordinaire, la leçon est de soigner l'installation et la qualité de la frappe plutôt que de chercher à produire du spin.
- Oublier le sable du jour. Armitage insiste sur les conditions de jeu, et la fermeté du sable en fait partie : une matrice calibrée sur un sable mou ne se transpose pas telle quelle sur un sable tassé par la pluie.
Reste la discipline du geste, car neuf cases ne valent que si la dixième variable, le swing, ne bouge plus. Une sortie répétable suppose une installation répétable, et c'est tout l'objet de la routine pré-coup que Kellie Stenzel remet dans l'ordre. Le genre de réglage technique qui se gagne au practice, pas sur le parcours.

