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Un phare de 1873, une suite à 4 600 $ et quatre Open sur le links de l'Ailsa

Dans le phare de Turnberry, halte de mi-parcours et suite à 4 600 dollars

Un phare de 1873, une suite à 4 600 $ et quatre Open sur le links de l'Ailsa

Construit en 1873 sur les ruines du château médiéval de Turnberry, le phare qui domine le links écossais de l'Ailsa sert à la fois de halte de mi-parcours aux golfeurs et, depuis 2016, de suite de deux chambres facturée environ 4 600 dollars la nuit.

Le phare de Turnberry, le seul monument du golf qui serve aussi le whisky

Au 9e trou de Trump Turnberry, sur la côte ouest de l'Écosse, le décor ne laisse pas le choix : une tour blanche dressée face au Firth of Clyde et, au large, l'Ailsa Craig qui sort de l'horizon comme un demi-cercle de granit. Le phare n'a pourtant rien d'un élément de décor ajouté pour la carte postale. Il éclaire toujours les bateaux, et il est devenu l'un des très rares bâtiments qu'un golfeur traverse au milieu de son tour.

Un phare posé sur le berceau d'un roi d'Écosse

La tour de 1873 s'élève sur l'emplacement exact du château de Turnberry, siège des anciens comtes de Carrick. La tradition veut que Robert the Bruce, futur roi d'Écosse et libérateur national, y soit né en 1274. Peu de trous de golf dans le monde peuvent se targuer d'un tel voisinage : les vestiges de la forteresse et le phare forment un seul et même ensemble, l'un sortant littéralement de l'autre.

Au rez-de-chaussée, l'endroit remplit une fonction beaucoup plus prosaïque, et c'est peut-être ce qui le rend unique. Le café King of Scots y accueille les joueurs entre l'aller et le retour : un friand à la saucisse, un sandwich, une douceur écossaise, un verre de whisky, ou tout cela à la fois. Beaucoup y voient la plus belle halte de mi-parcours du golf mondial, et l'argument est difficile à contester quand la pause se prend au pied d'un phare, face au Firth of Clyde.

Une suite au-dessus du 9e trou

En 2016, pendant que l'Ailsa était en travaux, l'étage du phare a été transformé en une suite de deux chambres, habillée de feuilles d'or, d'acajou et de tissus écossais ouvragés. Les chambres donnent sur une salle à manger privée et sur des balcons ouverts à la fois sur le parcours et sur la côte. Le tarif commence autour de 4 600 dollars la nuit : on ne dort pas dans un phare de links par hasard.

Là où Watson et Nicklaus ont écrit l'Open

Ce décor a servi de cadre à quatre Open Championship — 1977, 1986, 1994 et 2009 —, et le premier reste l'un des sommets de l'histoire du tournoi. Jack Nicklaus et Tom Watson se sont livré un duel en tête à tête sur les deux derniers jours, Watson terminant finalement avec un coup d'avance sur son rival et onze sur le reste des joueurs engagés. Le « Duel in the Sun » n'a pas volé son nom.

Trente-deux ans plus tard, le même Watson est revenu hanter les lieux : en 2009, à 59 ans, il est passé à un rien de remporter l'Open avant de céder en barrage face à Stewart Cink. Entre les deux, Greg Norman s'y était imposé en 1986 et Nick Price en 1994. Turnberry n'est plus revenu au calendrier de l'Open depuis.

Les chiffres clés

  • 1873 : l'année de construction du phare
  • 1274 : l'année où, selon la tradition, Robert the Bruce est né sur ce site
  • 4 : le nombre d'Open Championship disputés à Turnberry, en 1977, 1986, 1994 et 2009
  • 11 coups : l'écart entre Tom Watson, vainqueur en 1977, et le reste des joueurs engagés, Nicklaus excepté
  • 4 600 $ : le tarif de départ pour une nuit dans la suite du phare

Le golf ne manque pas de trous mémorables ni de bâtiments de clubhouse photographiés mille fois, mais il compte peu d'endroits où l'on peut boire un café dans un phare en activité, sur les fondations du berceau d'un roi, entre deux coups de départ. Turnberry rejoint ainsi la courte liste des détours insolites que réservent les grands resorts de golf — à cette différence près que celui-ci se trouve au milieu du parcours, pas à côté.

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