Les États-Unis ont remporté la Presidents Cup 2026 à Medinah sur le score de 17 à 13, après avoir abordé les simples du dimanche avec trois points de retard.
Une victoire qui ne prouve rien pour l'Irlande
Neuf points et demi sur douze dans les simples : voilà ce qu'il a fallu aux Américains pour renverser une Presidents Cup qu'ils étaient en train de perdre. Le chiffre est spectaculaire, il sauve la semaine, et il ne devrait rassurer personne à un an de la Ryder Cup. Car cette manière de gagner — laisser filer trois jours, puis écraser le dimanche à domicile — est exactement celle qui n'a jamais fonctionné en Europe.
La thèse est simple : Medinah n'a rien réparé. Elle a seulement montré que l'équipe américaine sait encore finir fort quand le public est de son côté et que l'adversaire est le plus faible des deux qu'elle affronte en alternance.
Trois jours de flottement, un dimanche de démonstration
Pendant trois journées, l'équipe de Brandt Snedeker a donné tous les signes d'une formation mal ajustée. Scottie Scheffler a été laissé au repos le samedi après-midi — une décision qui en dit long sur les difficultés du capitaine à composer des paires efficaces. Les Internationaux de Geoff Ogilvy, eux, ont tenu, au point de se présenter le dimanche matin avec un avantage de trois points.
Puis les simples ont eu lieu, et le rapport de force s'est inversé d'un coup : 9,5 à 2,5. Scheffler a réglé son match sans trembler. Jackson Koivun, 21 ans, a bouclé sa première Presidents Cup sur un bilan de deux victoires, aucune défaite et un match nul, en renversant Si Woo Kim — pourtant le meilleur International de la semaine — alors qu'il était mené de deux trous après dix. Le pari de Snedeker sur le jeune joueur est le vrai gain américain de la semaine.
« Le gamin est spécial. Il est différent. »
Brandt Snedeker, capitaine américain, à propos de Jackson Koivun
Le capitaine américain a lui-même attribué le retournement au lieu plus qu'à son équipe :
« J'ai dit aux gars hier soir qu'il se passe des choses bizarres ici. Medinah a un passé de choses bizarres. »
Brandt Snedeker
Geoff Ogilvy, battu, a livré la lecture la plus lucide de la journée : selon lui, battre les États-Unis en simples, aux États-Unis, est une entreprise très difficile. La phrase vaut aveu, mais elle vaut aussi avertissement — elle décrit un avantage qui ne voyage pas.
Ce que Bethpage avait déjà démontré
Il existe un précédent, et il est récent. En septembre 2025, à Bethpage Black, les Américains de Keegan Bradley ont encaissé quatre sessions de suite et se sont retrouvés menés 11,5 à 4,5 avant la dernière journée. Ils ont alors produit exactement le même sursaut dominical. Ils ont perdu quand même, 15 à 13, et l'Europe de Luke Donald est repartie avec le premier succès européen à l'extérieur depuis 2012.
Autrement dit, la remontée du dimanche est déjà la signature américaine — y compris dans la défaite. Elle n'est pas une ressource stratégique, c'est ce qui reste quand le reste a échoué. À Medinah, elle a suffi parce que l'adversaire n'était pas le même. À Adare Manor, en Irlande, en 2027, elle arrivera trop tard, devant un public hostile et sur un parcours qui ne ressemblera pas à ceux du circuit américain. Les États-Unis n'ont plus gagné de Ryder Cup en Europe depuis 1993 ; rien dans cette semaine de septembre ne dit que la série va s'arrêter.
Le chantier de Jim Furyk
Jim Furyk héritera de cette équipe en 2027. Le futur capitaine américain ne cache pas son attachement à ces rendez-vous : il dit y voir ses moments préférés de toute sa carrière. L'affection ne résoudra pas le problème qu'il récupère, et ce problème a un nom : le foursome, ce format en coups alternés où deux joueurs partagent une même balle et où l'équipe américaine se défait depuis des années.
S'y ajoutent deux obstacles que Medinah ne teste jamais : le décalage horaire et des parcours conçus autrement que ceux sur lesquels ces joueurs gagnent leur vie chaque semaine. Ce sont précisément les variables que la Presidents Cup neutralise. Les écarts de classement mondial entre les deux coupes expliquent déjà pourquoi l'une est gagnée et l'autre perdue ; l'édition 2026 ajoute que même l'épreuve facile a été difficile.
Et les francophones dans tout ça
La Presidents Cup ne concerne aucun joueur francophone, par construction : elle oppose les États-Unis à une sélection qui exclut l'Europe. Mais la suite les concerne directement. L'équipe européenne victorieuse à Bethpage ne comptait aucun Français, Belge, Suisse ni Canadien parmi ses douze joueurs. Adare Manor, en 2027, sera la prochaine occasion d'y remédier, et elle se jouera sur les résultats des deux prochaines saisons.
Les chiffres clés
- 17-13 : la victoire américaine à la Presidents Cup 2026, à Medinah
- 9,5 – 2,5 : le score des simples du dimanche, en faveur des États-Unis
- 3 points : le retard américain avant la dernière journée
- 2-0-1 : le bilan de Jackson Koivun, 21 ans, pour sa première sélection
- 15-13 : la victoire européenne à Bethpage Black en 2025, première à l'extérieur depuis 2012
- 1993 : la dernière Ryder Cup gagnée par les États-Unis en Europe


