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Coltart doute de la flamme de McIlroy ; l'écart avec Scheffler pèse bien plus

Rory McIlroy n°1 mondial : ce n'est pas la flamme qui manque, ce sont les points

Coltart doute de la flamme de McIlroy ; l'écart avec Scheffler pèse bien plus

Sur Sky Sports, le consultant Andrew Coltart doute que Rory McIlroy, deuxième mondial derrière Scottie Scheffler, retrouve un jour la première place du classement mondial, faute de la flamme de ses débuts.

Le procès de la flamme

Le verdict est tombé sans détour. Interrogé par Sky Sports sur les chances de Rory McIlroy de redevenir numéro un mondial, Andrew Coltart a répondu par un diagnostic plus intime que statistique.

« Je ne pense pas que le feu soit forcément là, celui qu'il avait dans le ventre quand il avait une vingtaine d'années. » — Andrew Coltart, Sky Sports

L'ancien joueur pousse le raisonnement : selon lui, McIlroy est plus âgé et n'a plus les mêmes aspirations, ce qui rend un retour au sommet « vraiment difficile ». Il conclut toutefois sur une porte entrouverte, en espérant que le Nord-Irlandais lui donne tort.

Chez Sky Sports toujours, Nick Dougherty nuance. Pour lui, McIlroy se tient bel et bien aux côtés de Scheffler par le niveau de jeu, mais il lui manque une chose : la régularité de l'Américain. Deux lectures, un même constat. Personne, chez Sky Sports, ne voit le Nord-Irlandais reprendre le fauteuil à court terme.

Notre thèse : ce n'est pas une affaire de flamme, c'est une affaire d'arithmétique

Le procès en motivation a quelque chose d'étrange quand on regarde la saison de l'accusé. En avril, McIlroy a conservé sa veste verte à Augusta, en signant un 71 au dernier tour pour devancer Scheffler d'un coup. Deux Masters consécutifs : la performance n'est pas celle d'un joueur rassasié. Et depuis que Scheffler s'est installé au sommet, en mai 2023, McIlroy n'a jamais reculé au-delà de la troisième place mondiale. Il est deuxième sans interruption depuis mars dernier.

Le problème est ailleurs, et il tient en deux nombres. Au classement mondial publié le 11 octobre, Scottie Scheffler affiche 16,95 points de moyenne, McIlroy 8,66. Le n°1 en possède presque le double. Derrière, Matt Fitzpatrick, troisième avec quatre victoires cette saison, compte 7,20 points : l'écart entre McIlroy et lui est dérisoire à côté du gouffre qui le sépare du sommet.

Le journaliste américain Jason Sobel l'avait résumé d'une formule dès le début de l'année.

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Désormais, l'écart de points moyens au classement mondial entre Scottie Scheffler, n°1, et Rory McIlroy, n°2, est plus grand que l'écart entre McIlroy et… moi, vous, et tout le reste du monde.

Le classement mondial est une moyenne glissante sur deux ans. Pour combler un tel retard, McIlroy ne devrait pas seulement gagner davantage : il faudrait aussi que Scheffler cesse de gagner. Or l'Américain a remporté trois tournois en 2026 et terminé dans les trois premiers de la moitié de ses 20 départs dans le monde. Il en est à sa 178e semaine consécutive au sommet, comme le rappelait notre analyse sur la course de Scheffler vers le record de Tiger Woods. Coltart lui-même le décrit comme le meilleur joueur du monde, et de très loin.

Les chiffres clés

  • 16,95 contre 8,66 : points moyens de Scheffler et de McIlroy au classement mondial du 11 octobre
  • 178 : semaines consécutives de Scheffler au n°1 mondial au 12 octobre
  • 2 : Masters consécutifs remportés par McIlroy, dont celui de 2026, un coup devant Scheffler
  • 3e : le rang le plus bas occupé par McIlroy depuis le début du règne de Scheffler, en mai 2023
  • 7 : titres de la Race to Dubai pour McIlroy, dont les quatre derniers

Des aspirations différentes, et alors ?

Coltart a raison sur un point : les objectifs de McIlroy ont changé. Mais il en tire la mauvaise conclusion. Le Nord-Irlandais vise cette saison une huitième Race to Dubai, qui lui permettrait d'égaler le record de Colin Montgomerie. Il pointe au troisième rang du classement de la saison du DP World Tour, avec 3 115,9 points, derrière Patrick Reed et Eugenio Chacarra, comme nous l'expliquions dans notre point sur son duel avec Reed. Lui-même a dit qu'il aimerait beaucoup se donner une nouvelle chance de la remporter.

Un joueur sans flamme ne traverse pas la planète pour aller chercher des points à New Delhi en octobre. McIlroy dispute cette semaine le DP World India Championship, au Delhi Golf Club, avec un plan de jeu radical : laisser le driver à l'hôtel. « Je suis là pour gagner le tournoi », a-t-il prévenu, selon Golf.com. La faim n'a pas disparu ; elle s'est déplacée vers des records qui dépendent de lui seul.

C'est peut-être là le vrai sens de la phrase de Coltart. À vingt ans, la place de n°1 mondial résume une carrière. Pour un double vainqueur sortant du Masters, elle n'est plus qu'une conséquence. Le Nord-Irlandais ne court plus après un classement qu'il ne maîtrise pas, il court après des titres qu'il peut aller chercher.

Le seul scénario possible

Reste une hypothèse, et elle ne dépend pas de la motivation de McIlroy. Si Scheffler devait marquer le pas, sur blessure ou par lassitude, son dauphin naturel serait toujours là, deuxième depuis des mois, toujours devant Fitzpatrick. Dougherty le dit à sa manière : le talent de McIlroy le place au niveau de Scheffler, seule la constance l'en sépare. Que l'Américain flanche, et la question du feu ne se posera plus.

D'ici là, McIlroy a mieux à faire que de compter les points du classement mondial. Premier rendez-vous dès ce jeudi à New Delhi, à suivre en France sur Canal+ Sport, Golf+ et Eurosport.

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