Membre du LIV Golf depuis 2024, Tyrrell Hatton doit choisir dans les prochaines semaines entre la ligue saoudienne et le DP World Tour, seule voie d'accès à l'équipe d'Europe de la Ryder Cup 2027 à Adare Manor.
Le LIV 2.0 ou Adare Manor : Hatton au pied du mur
Le compte à rebours a commencé pour l'Anglais. Le 12 octobre, le directeur général du DP World Tour, Guy Kinnings, a annoncé à la BBC que les joueurs qui s'engageront avec la nouvelle formule du LIV, baptisée LIV Golf 2.0, ne pourront pas devenir membres du circuit européen en 2027. Fini les adhésions conditionnelles qui permettaient cette saison à plus d'une dizaine de joueurs du LIV de jouer sur les deux tableaux. Or le règlement de la Ryder Cup est sans ambiguïté : seuls les membres du DP World Tour peuvent être retenus dans l'équipe d'Europe.
« Les joueurs doivent faire un choix. Ceux qui ne sont pas disposés à respecter nos règles ne devraient pas chercher à rejoindre notre circuit. » — Guy Kinnings, directeur général du DP World Tour, à BBC Sport
Le détail de cette décision est à lire dans notre article sur la porte fermée du DP World Tour en 2027. Pour Tyrrell Hatton, 35 ans et 52e de la Race to Dubai, l'enjeu est limpide : signer pour le LIV 2.0, c'est renoncer à la Ryder Cup du 17 au 19 septembre 2027 en Irlande.
Tyrrell Hatton et les autres ont trois semaines pour décider s'ils veulent jouer la Ryder Cup. Les golfeurs qui rejoindront le LIV 2.0 seront bannis du DP World Tour
Deux échéances, un seul choix
Le calendrier ne laisse guère de marge. Le LIV, placé sous la protection de la loi américaine sur les faillites en septembre et privé du soutien du fonds souverain saoudien après 2026, attend les engagements de ses joueurs avant le 25 octobre pour boucler le financement de sa relance, adossé à un projet de 300 millions de dollars porté par BC Partners. Les demandes d'adhésion au DP World Tour pour 2027 doivent, elles, être déposées au plus tard le 16 novembre, selon Golf.com, et chaque candidat devra déclarer sur quels circuits il compte jouer.
Cette saison, Hatton avait conservé sa carte européenne au prix du paiement de ses amendes et du respect de certaines conditions, un arrangement valable pour 2026 seulement. Il n'a toujours pas fait connaître sa décision. Interrogé début octobre en marge du Dunhill Links sur l'avenir du LIV, il s'en était tenu à un laconique « Je n'ai rien à ajouter ». Fin août, au British Masters, il rappelait pourtant qu'il lui restait, selon lui, « plusieurs années de contrat » avec la ligue.
Un pilier européen depuis 2018
Le dilemme pèse lourd parce que Hatton est devenu un pilier de l'équipe d'Europe. Il a disputé les quatre dernières éditions depuis ses débuts en 2018 et a participé aux victoires de 2018, 2023 et 2025. À Bethpage, l'an dernier, c'est lui qui a apporté le demi-point de la victoire européenne, selon la chaîne officielle de la Ryder Cup.
Son coéquipier chez Legion XIII, Jon Rahm, celui-là même qui l'avait entraîné vers le LIV, a déjà tranché : l'Espagnol ne fera pas partie du LIV 2.0, comme nous l'avons raconté dans notre article sur son départ. Adrian Meronk et David Puig ont eux aussi annoncé qu'ils ne suivraient pas la nouvelle formule, selon Golf.com. Le capitaine Luke Donald, qui avait souligné l'intérêt de voir Hatton et Rahm disputer davantage de tournois européens, pourrait donc perdre l'un de ses hommes de confiance si l'Anglais reste fidèle au LIV.
Victor Perez devant le même choix
Le dossier concerne aussi un Français. Engagé avec Cleeks GC pour la saison 2026 du LIV, Victor Perez fait partie des joueurs de la ligue encore autorisés à jouer sur le DP World Tour cette année. Troisième de l'Open d'Espagne à 13 sous le par le 11 octobre et 50e de la Race to Dubai, il s'est donné quinze jours pour trancher. Pour lui comme pour Hatton, la réponse dira si la porte de l'équipe d'Europe reste ouverte pour Adare Manor.


