le19.golf
Les capitaines ne s'accordent pas sur le favori avant Turnberry

Bridges Cup à Turnberry : les deux capitaines ne s'accordent pas sur le favori

Les capitaines ne s'accordent pas sur le favori avant Turnberry

Douze mid-amateurs américains affrontent douze internationaux du 5 au 7 octobre à Trump Turnberry, en Écosse, pour la quatrième édition de la Bridges Cup.

Trois éditions, trois victoires américaines, et un capitaine qui refuse le rôle de favori

Depuis sa création en 2022, la Bridges Cup n'a jamais échappé aux États-Unis. Et pourtant, à trois semaines du rendez-vous écossais, c'est le capitaine américain lui-même qui repousse l'étiquette. « Le niveau de la compétition semble monter d'année en année. C'est enthousiasmant — je pense que nous allons y aller et créer la surprise », avance Jeff Fujimoto, comme si son équipe partait derrière.

Simon Holt, capitaine de la sélection internationale et qui jouera à domicile en Écosse, ne lui concède rien.

Je ne suis pas vraiment d'accord pour dire qu'ils sont outsiders. L'histoire dit que les États-Unis ont gagné trois fois, mais ça va être formidable. Les Américains arrivent toujours très forts — ils le sont toujours — et nous avons hâte d'y être et de nous mesurer à eux à nouveau.

Le désaccord n'est pas qu'une figure de style : l'édition précédente, en 2024 à Haesley Nine Bridges en Corée du Sud, s'est jouée sur le dernier match, pour un 17-15 américain. La première, en 2022, s'était décidée à un point.

Un links en octobre, la carte des internationaux

Les matchs se disputent sur l'Ailsa, dix-huitième parcours mondial au classement Top 100 du magazine GOLF, et sur le King Robert the Bruce. Un terrain que Simon Holt compte bien faire peser : « Nous devrions avoir, en théorie, un avantage sur un links. Surtout à la période de l'année où nous allons jouer : la météo pourrait vraiment jouer en notre faveur. »

Le plateau a de quoi tenir la comparaison avec les épreuves par équipes professionnelles, celles dont l'Europe prépare déjà la prochaine à Adare Manor. Côté américain, Drew Kittleson, finaliste du U.S. Amateur 2008 passé par le Masters et l'US Open, et John Peterson, champion NCAA individuel 2011 et 93 départs sur le PGA Tour avant de retrouver son statut amateur. En face, l'Australien Lukas Michel, champion du U.S. Mid-Amateur 2019, invaincu en cinq matchs lors de la dernière édition, Caolan Rafferty, membre de l'équipe de Grande-Bretagne et d'Irlande à la Walker Cup 2019 et premier joueur à avoir remporté les quatre championnats provinciaux irlandais, et Colm Campbell, double vainqueur de l'Irish Amateur Open.

Tous partagent la même particularité : ce sont des mid-amateurs, des joueurs qui mènent une carrière et une vie de famille en parallèle du haut niveau. De quoi donner à ce rendez-vous une place à part parmi les compétitions par équipes de l'automne — et un écho particulier en Écosse, où le golf amateur fait aussi parler de lui pour de tout autres raisons.

Turnberry, toujours en attente d'un nouvel Open

Vue aérienne du parcours Ailsa de Turnberry et de son phare, en bord de mer d'Irlande
Crédit : golf.com

Le décor, lui, dépasse largement le cadre du golf amateur. Turnberry a accueilli The Open à quatre reprises, la dernière en 2009, avec la victoire de Stewart Cink. Depuis, plus rien. Le R&A aimerait y revenir mais doit d'abord évaluer la faisabilité du site, expliquait récemment son directeur général Mark Darbon, qui pointait des contraintes de route, de rail et d'hébergement : un peu plus de 120 000 spectateurs lors du dernier Open à Turnberry, contre près de 280 000 attendus aujourd'hui sur les grands sites.

Simon Holt, lui, y voit surtout une vitrine : « Turnberry n'a pas vraiment été mis en valeur depuis un bon moment. Alors emmener ces mid-amateurs de haut niveau là-bas, les tester sur l'un des grands parcours du monde, je crois qu'on peut dire que c'est le meilleur parcours sur lequel nous ayons jamais emmené l'épreuve. »

Les chiffres clés

  • 3-0 : le bilan des États-Unis en trois éditions de la Bridges Cup
  • 12 contre 12 : le format, sur trois jours de four-ball, foursomes et simples
  • 17-15 : le score de la dernière édition, en 2024 à Haesley Nine Bridges
  • 18e : le rang de l'Ailsa au classement Top 100 mondial du magazine GOLF
  • 2009 : le dernier Open disputé à Turnberry, remporté par Stewart Cink

Reste la question que personne ne tranchera avant le 7 octobre : trois succès d'affilée font-ils des Américains des favoris, ou un links d'octobre suffit-il à rebattre les cartes ? Comme souvent dans ces formats, où le choix du capitaine se discute des années à l'avance, la réponse tiendra à quelques putts.

Partager cet article