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Les cinq réglages d'avant-swing de Nicklaus, expliqués pas à pas

Viser juste : les cinq réglages d'avant-swing de Jack Nicklaus

Les cinq réglages d'avant-swing de Nicklaus, expliqués pas à pas

Dans un texte paru dans GOLF Magazine en août 1995 et remis en ligne par golf.com, Jack Nicklaus détaille les cinq réglages d'avant-swing qui commandent, selon lui, la visée et la précision.

« Quatre-vingts pour cent » du coup se jouent avant le mouvement

Le chiffre est de Nicklaus lui-même, et il a de quoi arrêter le golfeur pressé d'aller taper des balles.

« Quatre-vingts pour cent d'un bon jeu de coups se produisent avant que le club ne soit mis en mouvement. »

Nicklaus appelle « les statiques » cet ensemble de réglages pris à l'arrêt, avant le premier centimètre de montée. Sa liste en compte cinq : la prise, la visée de la face de club, l'alignement du corps, la position de balle et la posture. Aucune n'exige de souplesse particulière ni d'heures de travail. Toutes se vérifient à froid, sur le practice comme sur le départ du 1. Les descriptions ci-dessous valent pour un droitier.

La chaîne de visée : la face d'abord, le corps ensuite

C'est l'ordre qui compte. La face de club détermine la direction de départ et la courbe ; le corps, lui, se règle ensuite en cohérence. Pour un draw, Nicklaus oriente la face légèrement fermée, à gauche de la cible, et referme dans la même logique épaules, hanches, genoux et pieds. Pour un fade, tout part dans l'autre sens : face légèrement ouverte, à droite, et lignes de corps ouvertes d'autant. L'important est que ces quatre lignes de corps racontent la même histoire — des épaules ouvertes sur des pieds fermés ne produisent rien de reproductible.

Reste le dosage, et c'est là que Nicklaus met en garde.

« Plus la face de club est fermée ou ouverte à l'adresse, plus grande est la courbe que vous intégrez au coup. »

Son astuce pour ne pas viser à l'estime : il choisit une marque au sol, posée sur sa ligne de jeu un peu en avant de la balle, et aligne le club dessus. Aligner le club sur un repère tout proche est bien plus fiable que de le pointer vers un drapeau lointain — l'œil, placé sur le côté de la balle, déforme les lignes qui s'éloignent.

Les mains, qui décident de l'orientation de la face

Si la face doit arriver carrée à l'impact, encore faut-il que les mains ne travaillent pas contre elle. Nicklaus place le club en travers de la paume gauche et dans les doigts de la main droite, les deux mains solidaires en interlock ou en chevauchement. Le repère qu'il donne est visuel : à l'ouverture, le dos de la main gauche et la paume de la main droite sont à peu près parallèles à la face de club. Deux contrôles rapides permettent de le vérifier seul :

  1. Baisser les yeux sur la main gauche : deux à trois articulations doivent être visibles.
  2. Regarder les V formés par les pouces et les index : ils doivent pointer entre l'oreille droite et l'épaule droite.

Une prise trop faible ou trop forte oblige à compenser pendant le swing pour ramener la face carrée. C'est exactement ce que ces réglages statiques cherchent à supprimer.

La position de balle, qui décide de la frappe

Nicklaus raisonne à partir du point le plus bas de l'arc décrit par la tête de club, et distingue deux cas :

  • Au driver : la balle se place en face de l'intérieur du pied gauche, soit légèrement en avant de ce point bas, pour la prendre en remontant.
  • Aux clubs joués au sol : la balle recule légèrement en arrière du point bas, à peu près en face de l'intérieur du talon gauche. La frappe se fait alors en descendant, et le divot part après la balle, jamais avant.

La posture, dans l'ordre

Le dernier réglage est le plus souvent bâclé. Nicklaus le décompose en un enchaînement simple :

  1. Se tenir droit, club en main.
  2. S'incliner vers l'avant depuis les hanches — et non en arrondissant le dos — jusqu'à ce que le club repose derrière la balle, bras pendants et libres.
  3. Fléchir légèrement les genoux, sortir les fessiers, dégager le menton de la poitrine.
  4. Répartir le poids également entre les deux pieds, et entre les talons et la plante.
  5. Relâcher les épaules pour ôter la tension du haut du corps, en gardant du ressort dans les jambes et les appuis.

Les erreurs les plus courantes

  • Viser le corps avant la face de club. Les pieds se placent en premier par habitude ; ils devraient se placer en dernier, une fois la face orientée.
  • Viser depuis la position de départ. De côté, la perception de la ligne est faussée. La ligne se choisit derrière la balle, puis se matérialise par un repère proche.
  • Forcer le dosage. Une face très fermée ne donne pas un petit draw, elle donne un grand hook.
  • Des lignes de corps contradictoires. Épaules et pieds qui pointent ailleurs l'un que l'autre : le swing passe sa vie à corriger.
  • S'incliner en arrondissant le dos plutôt qu'en basculant depuis les hanches, ce qui bloque la rotation dès la montée.

Ce que ça change dans une routine

Ces cinq réglages ne se travaillent pas en même temps. L'intérêt du découpage de Jack Nicklaus est de pouvoir en contrôler un seul par séance, puis de les enchaîner toujours dans le même ordre — une logique très proche de celle que défend Kellie Stenzel avec sa routine pré-coup en cinq gestes. Le modèle a ses limites : le swing de Scottie Scheffler, décortiqué par son entraîneur Randy Smith, viole allègrement plusieurs canons d'école tout en restant le plus efficace du circuit. Mais il s'agit là du mouvement, pas des réglages pris à l'arrêt. C'est justement l'argument de Nicklaus, et le fil de nos autres fiches techniques : ce qui se règle à l'arrêt ne coûte rien, et se garde.

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