Paul McGinley, ancien capitaine européen de Ryder Cup, a accusé cette semaine sur X le LIV Golf d'avoir coûté des dizaines de millions au DP World Tour, tout en jugeant que la puissance financière du PGA Tour a nui au golf mondial.
McGinley chiffre la facture du LIV pour le circuit européen
Quelques heures à peine après l'annonce du DP World Tour, lundi, de fermer ses portes aux joueurs du LIV en 2027, Paul McGinley est monté au créneau. Dans une longue série de réponses sur X, le capitaine victorieux de la Ryder Cup 2014 à Gleneagles, aujourd'hui consultant pour Golf Channel, a défendu la ligne dure de son ancien circuit en commençant par les comptes : des dizaines de millions perdus en contrats de sponsoring, en tournois et en sites d'accueil, sans compter les départs de personnel vers la ligue saoudienne.
Le DPWT a PERDU des dizaines de millions directement à cause du LIV en sponsoring, tournois et sites. Il a aussi le droit de défendre ses intérêts commerciaux, le LIV et le PGA Tour l'ont fait. Tous les joueurs ont profité du LIV, au détriment de modèles économiques viables : il faut du bon sens, pas de nouvelles fausses économies.
L'Irlandais concède que les joueurs, eux, sont sortis gagnants de la guerre des circuits, le LIV ayant fait grimper les rémunérations partout. Mais pour les dirigeants, l'équation est autre : les membres du conseil d'administration ont, écrit-il, « le devoir de limiter les risques » pour leurs parties prenantes, face à un LIV qui restera selon lui un concurrent « hostile ».
Un modèle vingt fois plus petit que celui du PGA Tour
Le cœur de son raisonnement tient pourtant moins au LIV qu'à l'Amérique. D'après McGinley, le modèle économique du DP World Tour pèse environ un vingtième de celui du PGA Tour, et « les joueurs suivront évidemment l'argent ». Les contrats de sponsoring supérieurs à 35 millions de dollars et les droits télévisés les plus élevés ne sont possibles qu'aux États-Unis, tandis que les décalages horaires limitent l'intérêt des diffuseurs américains pour les épreuves disputées ailleurs. D'où ce constat, relayé par Golf Planète : « La puissance financière du PGA Tour a nui au golf mondial. »
Il regrette aussi que les meilleurs joueurs, désormais très bien payés, préfèrent le repos aux longs déplacements, en Australie par exemple, là même où le circuit européen ouvrira sa prochaine saison.
L'alliance avec le PGA Tour, malgré tout
Pas question pour autant de renier le partenariat stratégique noué avec le PGA Tour. Le départ des dix meilleurs joueurs du DP World Tour vers les États-Unis, prévu par l'accord, n'a rien de confortable : « Ce n'est pas idéal, mais cela faisait partie d'une très bonne négociation », juge-t-il, estimant que le circuit a gagné beaucoup sur d'autres plans et assuré son avenir. McGinley s'attend même à voir moins d'Européens tenter l'aventure américaine avec la future réorganisation du PGA Tour autour de deux divisions de tournois.
La sortie n'a pas fait l'unanimité sur X, où plusieurs voix ont jugé le circuit européen bien trop dépendant de son partenaire américain, à l'image de ce message cinglant publié quelques heures plus tard par Jeff Smith.
À ce stade, le DP World Tour appartient corps et âme au PGA TOUR. Chaque fois qu'un de ses dirigeants publie un communiqué, on peut zapper Dubaï et aller voir directement le fax de Ponte Vedra. Logo différent. Même patron.
Perez et Detry face au choix
Le débat n'a rien d'abstrait pour les francophones. Victor Perez et le Belge Thomas Detry, qui jouaient les deux circuits grâce à une dérogation, doivent désormais choisir, comme Anirban Lahiri, qui réclame encore un mois avant de se prononcer. Le contexte joue contre le LIV, en procédure de faillite depuis septembre et que Rory McIlroy qualifiait cette semaine de « demi-bonne idée, mal exécutée ». McGinley, lui, voyait déjà venir cette issue au printemps sur Sky Sports.
Reste une question que son fil laisse ouverte : si le LIV s'efface, le circuit européen aura-t-il gagné quelque chose face à un PGA Tour plus puissant que jamais ?


