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Furyk endosse le rôle d'outsider à un an d'Adare Manor

Ryder Cup 2027 : Furyk assume l'étiquette d'outsider après 34 ans sans victoire en Europe

Furyk endosse le rôle d'outsider à un an d'Adare Manor

Jim Furyk a présenté les États-Unis comme les outsiders de la Ryder Cup 2027, mardi 6 octobre à Adare Manor, à un an d'une épreuve que son pays n'a plus remportée en Europe depuis 1993.

Furyk endosse le costume d'outsider

« C'est nous contre le monde entier, ou nous contre l'Europe. » Jim Furyk n'a pas attendu la troisième question pour planter le décor, mardi, lors de la conférence de presse « Year to Go » organisée sur le domaine d'Adare Manor, dans le comté de Limerick. Le capitaine américain y annonce 50 000 spectateurs et une hiérarchie renversée par rapport à ce que son équipe a connu jusqu'ici.

Je sais que, d'ordinaire, on nous présente comme les favoris quand on arrive. Nous comprenons la situation. Nous avons beaucoup de travail devant nous. Nous sommes les outsiders.

Trente-quatre ans sans victoire en Europe

Le chiffre que Furyk a lui-même posé sur la table pèse lourd : trente-quatre ans que les États-Unis n'ont plus gagné une Ryder Cup disputée en Europe. La dernière remonte à 1993, au Belfry, dans le Warwickshire anglais, sur un 15-13 décroché sous le capitanat de Tom Watson. Depuis, l'Europe s'est imposée sept fois chez elle, dont un 16,5-11,5 sans discussion au Marco Simone Golf and Country Club, à Rome, en 2023.

Les chiffres clés

  • 34 : années écoulées depuis la dernière victoire américaine en Europe, au Belfry en 1993
  • 7 : victoires européennes à domicile depuis cette date
  • 8-26 : bilan américain en foursome depuis la Ryder Cup 2023, Presidents Cup comprise
  • 15-13 : score de la victoire européenne à Bethpage Black en 2025
  • 50 000 : spectateurs annoncés par Furyk à Adare Manor

Le foursome, maladie chronique du camp américain

Derrière la posture, il y a un dossier technique très concret, que Furyk a abordé sans détour dès qu'on lui a rappelé les statistiques de son camp en coup alterné. Sur les deux dernières Ryder Cup, les Européens affichent 13 victoires pour 3 défaites en foursome ; sur les deux dernières Presidents Cup, les Internationaux sont à 13-5. Cumulé, cela donne un bilan américain de 8-26 dans ce format depuis 2023.

« Votre homme a tout à fait raison, d'ailleurs. Je connais ces chiffres très, très bien. Je les ai vécus, ces quatre dernières fois », a répondu le capitaine, qui a aussi dirigé les États-Unis lors de leur victoire à la Presidents Cup de Medinah. Son diagnostic vise d'abord l'encadrement, lui compris.

Je prévois de changer certaines choses. D'abord, en tant que capitaines, nous devons faire mieux : non seulement placer les joueurs dans de bonnes associations et dans de bonnes positions, mais aussi les préparer correctement à ces matches, ce que nous ne faisons pas aujourd'hui. Et je vous le promets : nous serons prêts. Je vais demander à cette équipe plus qu'à aucune autre équipe américaine par le passé.

Une phrase résume sa lecture du problème : « Nous avons trop de profondeur pour avoir un bilan aussi pauvre en coup alterné. » Autrement dit, le réservoir de talents n'est pas en cause ; la méthode l'est.

Nouveau système de points, nouvelle cellule d'analyse

La feuille de route dépasse la déclaration d'intention. Furyk a confirmé l'arrivée d'« un nouveau système de points » et d'« une nouvelle équipe d'analystes », dans le prolongement de la réforme de la qualification américaine engagée avec la PGA of America. Deux vice-capitaines sont déjà nommés pour l'épauler : Justin Leonard et Stewart Cink. « Nous ne sommes pas vraiment satisfaits des deux derniers résultats, alors oui, il y aura des modifications », a-t-il tranché.

Bethpage en toile de fond

Un an plus tard, l'ombre de Bethpage Black planait encore sur la salle. L'Europe y avait pris un avantage de 11,5 à 4,5 avant les simples, sept points d'écart que le dimanche américain n'a pas suffi à combler : 15-13 pour les hommes de Luke Donald. Mais ce sont surtout les débordements du public new-yorkais qui ont occupé une partie des échanges.

Furyk n'a pas éludé : « Nous devons reconnaître que, oui, à Bethpage, le comportement du public a dépassé les limites », a-t-il concédé, estimant que la PGA of America « a pris les mesures nécessaires pour que cela ne se reproduise pas ». Il a jugé « regrettable » ce qui s'est passé dans le match de Scottie Scheffler. Son homologue européen a aussitôt pris le relais sur le sujet.

Pour moi, c'est clairement ma responsabilité, en tant que capitaine à domicile, de jouer cette Ryder Cup dans le bon esprit. Nous voulons que la meilleure équipe gagne sur le parcours.

Vue aérienne du domaine d'Adare Manor, dans le comté de Limerick, en Irlande
Crédit : commons.wikimedia.org

En face, l'Europe a déjà pris ses quartiers

Le contraste d'avancement est net. Quand Furyk se réjouit d'amener « des gens ici, à Adare Manor, l'été prochain » pour découvrir le parcours, l'Europe y a déjà tenu sa première réunion d'équipe, le 14 septembre dernier, avec seize joueurs présents. Donald, reconduit comme capitaine en mars 2026 et épaulé par Pádraig Harrington et Francesco Molinari, a commencé le travail de terrain un an à l'avance. Et il refuse d'entrer dans le jeu de son homologue : « Je n'ai aucune complaisance quant à la force que les États-Unis vont avoir. »

Reste que l'étiquette d'outsider, les Américains l'endossent avec un calendrier confortable : rendez-vous du 17 au 19 septembre 2027. D'ici là, la qualification européenne, lancée dès le Husqvarna British Masters, court sur deux saisons entières — de quoi laisser aux candidats francophones du DP World Tour le temps de se glisser dans la course aux douze places irlandaises.

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